Ruzizi, du 5 au 8 août 2026, dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Promouvoir la prospérité partagée dans le commerce transfrontalier entre Rusizi au Rwanda et Bukavu en RDC », une formation sur le thème « Les liens qui unissent dans le commerce transfrontalier : cohésion sociale et résolution des conflits » a réuni 175 commerçants et commerçantes transfrontaliers à Ruzizi 1 et Ruzizi 2.
L’activité avait pour objectif de contribuer au renforcement des capacités des acteurs du petit commerce transfrontalier sur l’approche de CRS basée sur la cohésion sociale, la prévention et la résolution des conflits.
Une formation ouverte à tous les profils
La session a rassemblé des participants aux profils variés : jeunes filles et garçons, femmes et hommes adultes, ainsi que des personnes vivant avec un handicap, tous impliqués dans le commerce transfrontalier. La facilitation a été assurée par la chargée de programme de la CDJP/Bukavu et la chargée de projet CRS/CDJP Bukavu.
Elle a permis de favoriser les échanges autour de l’approche 3B/4D de CRS, de partager les expériences entre les différents acteurs sur leur vécu, et de créer un espace de dialogue autour des difficultés rencontrées et des pistes de solutions envisagées dans leurs activités quotidiennes.
La formation s’est déroulée selon une approche participative, combinant exposés, échanges d’expériences, discussions en groupes, questions-réponses, exercices pratiques et simulations sous forme de jeux de rôle.
Des expériences partagées pour mieux comprendre les tensions du terrain
Les participants ont été encouragés à partager leurs expériences personnelles concernant les conflits ou difficultés rencontrés dans le cadre du commerce transfrontalier. Ces échanges ont permis d’identifier certaines situations pouvant affecter les relations entre commerçants, clients et autres acteurs intervenant dans le processus commercial.
Ils ont également été sensibilisés à la cohésion sociale, comprise comme la capacité des membres d’une communauté à vivre et travailler ensemble dans un climat de confiance, de respect, de solidarité et de tolérance. Des notions sur le genre et le traumatisme ont aussi été enseignées, afin d’aider les participants à devenir des acteurs et actrices de changement pour construire un environnement de paix.
Des défis clairement identifiés
Les échanges ont permis de relever plusieurs défis pouvant affecter la cohésion sociale dans le commerce transfrontalier :
- les barrières linguistiques et culturelles ;
- la méconnaissance de certaines règles et procédures ;
- les difficultés de communication ;
- les incompréhensions entre certains petits commerçants transfrontaliers ;
- les perceptions négatives ou préjugés entre communautés ;
- le manque de mécanismes facilement accessibles pour résoudre certains différends ;
- la circulation insuffisante de l’information sur les procédures commerciales.
Des recommandations pour consolider les acquis
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées :
- Poursuivre les activités de sensibilisation sur la cohésion sociale et la résolution des conflits auprès des commerçants transfrontaliers.
- Renforcer le dialogue entre les commerçants et les différents intervenants du commerce transfrontalier.
- Mettre en place ou renforcer des mécanismes de médiation et de résolution des différends accessibles aux commerçants.
- Encourager les échanges d’expériences entre commerçants des différentes communautés.
- Renforcer la diffusion des informations relatives aux règles et procédures du commerce transfrontalier.
- Promouvoir la tolérance, le respect mutuel et la non-discrimination.
- Organiser régulièrement des séances de suivi afin de mesurer les changements dans les comportements des participants.
- Mettre en place des mécanismes de dénonciation, tels que des boîtes à suggestions.
- Mettre en place un comité de médiation.
Le commerce transfrontalier, un vecteur de rapprochement entre communautés
Cette formation a constitué une importante opportunité de sensibilisation et de renforcement des capacités des acteurs du commerce. Elle a permis de mettre en évidence l’importance du dialogue, de la confiance, du respect mutuel et de la solidarité dans le développement d’un commerce transfrontalier pacifique et prospère.
Les échanges ont également montré que le commerce transfrontalier ne constitue pas uniquement une activité économique, mais représente aussi un vecteur de rapprochement entre les communautés. Le renforcement de la cohésion sociale et la prévention des conflits constituent donc des éléments essentiels pour contribuer à la prospérité partagée recherchée par le projet.
La poursuite de ces actions de sensibilisation, accompagnée de mécanismes appropriés de dialogue et de résolution des différends, permettra de consolider les acquis de la formation et de contribuer durablement à l’amélioration des relations entre les acteurs du commerce transfrontalier entre le Rwanda et Bukavu.

