Pasteurs inoubliables, Messeigneurs Emmanuel KATALIKO et Christophe MUNZIHIRWA : entre mémoire et souvenir.

Elles sont nombreuses dans notre Archidiocèse, au Sud Kivu et au Congo des personnes qui se recueillent au tour de ce mois devenu un Mois de Mémoire et de Souvenir du sang versé par des innocents, nos frères et nos sœurs, nos filles et nos fils, nos mères et nos pères, nos amis et connaissances qui ont péri par l’épée de ceux et celles qui pensent que eux seuls ont droit à la vie.

Mois d’Octobre, mois des martyrs !     

Tant d’hommes et des femmes ont lutté depuis 1966 pour que cette province et ce pays ne tombent pas sous le joug du méchant.  Plusieurs ont lutté ici ou ailleurs pour que cette partie de l’Afrique ne devienne pas une unième « Somalie » c.à.d. une jungle où la loi de la force l’emporte sur la force de la loi. Malheureusement plusieurs ont signé de leur sang le courage et les valeurs qu’ils défendaient.  Les hommes passent mais les idées résistent devant l’ouragan de l’histoire.

Mgr Emmanuel Kataliko et Mgr Christophe Munzihirwa restent gravés dans la mémoire collective des habitants de cette sous-région.  Ces deux prélats malgré leurs différents caractères, ont mené le meilleur combat, celui de prêcher à temps et à contre temps par leurs paroles et leurs exemples que la cohabitation pacifique, la réconciliation, la paix sont possibles.  Leurs cris, malheureusement, ont déchiré les oreilles de ceux et celles qui se nourrissent de la guerre.  Ces ami(e)s de Babel qui nous refusent une patrie où dans la paix nous pouvons vivre tous en frères et sœurs et parler le même langage ont pensé que pour faire taire ces vaillants pasteurs, il fallait mettre fin à leur vie ! Ils ont oublié  que le sang des martyrs était une semence des chrétiens.

Ces deux  martyrs, un modèle de courage à imiter !

Comment les congolaises et les congolais parleraient aujourd’hui de la paix, du respect de l’intégrité territoriale, de la bonne gouvernance ou de la démocratie et oublier en même temps le combat que ces prélats ont mené au prix de leur sang !  Ce sang doit absolument semer en nos cœurs et dans nos vies l’Amour de la Patrie et du Prochain, le souci de faire prévaloir l’intérêt commun au delà des intérêts individuels et trop égoïstes qui font qu’en ce jour la vie de l’autre ne valle plus rien aux yeux de certains.  Ainsi nous pourrons changer la carte postale de cette province, de la RDC et de l’Afrique tristement célèbre du fait de nombreux cas des femmes enterrées vivantes, des déplacés sans secours, des réfugiés sans logis, des femmes et des filles violés, des personnes qui meurent de faim et des maladies de tout genre.

Aux échéances électorales en RDC, dans la Région de Grands Lacs et en Afrique, la peur hante les esprits devant le refus des dirigeants à consacrer l’alternance au pouvoir comme un mécanisme qui favorise l’émergence de nouvelles idées et l’induction du développement.  Plus d’un de ceux-ci n’hésitent pas pour le besoin de se maintenir au pouvoir de mettre leurs nations à feu et à sang !   Animés par le courage et le zèle de Mgr Kataliko et Mgr Munzihirwa adoptons un comportement qui nous fait dire complètement Non à la violence, Non à la guerre.  Parce que nous refusons  énergiquement de mourir à tout prix  pour des raisons que nous ignorons et dans les guerres d’autrui alimentés par des intérêts égoïstes, géostratégiques, par la recherche exaspérée du pouvoir et de l’argent,  la convoitise des minerais !

Nous voulons être une partie de la solution et non le problème, tel qu’on nous le chante, de notre sous-développement à tous les niveaux.  Nous ne voulons pas avoir des yeux pour seulement pleurer, des bouches pour seulement se lamenter, des oreilles pour écouter les sirènes d’une classe politique insouciantes, sourde et qui navigue à vue.

Nous voulons à l’exemple de nos martyrs offrir à l’humanité des modèles de courage et de fidélité d’une vie donnée pour que justice et paix s’embrassent un jour.   Où sont les ennemis de notre patrie ?  Tout prêt ou très loin ?  A l’intérieur même du pays comme signent et persistent à le dire d’autres ?  Où qu’ils soient, que la justice s’en saisisse et que Dieu nous transforme tous pour bâtir une Patrie dans laquelle nos ancêtres  aimeraient revenir.

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