Nous avons un sérieux problème !

Inutile de gémir ou d’accuser les gens. Flash, en parcourant le pays, note avec amertume que nous avons de sérieux problèmes dont l’ultime et l’impérieuse thérapie est dans notre propre  vouloir. Il faut avoir le courage de revisiter avec lucidité notre passé pour comprendre notre présent et se demander où allons-nous et qu’allons nous léguer  à notre postérité ?

La saison de pluie approche. Certains s’apprêtent à jeter la semence sous terre pour qu’elle germe et porte des fruits mais d’autres, la peur au ventre, s’attendent à compter leurs maisons parmi celles qui seront emportées par l’érosion et qui sait si  certains ne  finiront pas leur course dans le lac. Pour quoi ? Une gestion calamiteuse  de la Cité avec des constructions anarchiques qui détruisent l’écosystème,  bouchent des rigoles et érodent les collines qui surplombent Bukavu. Ce qui étonne est que tout le monde se lamente et personne parfois, n’ose prendre des décisions pour éviter la colère de la rue …On ne peut pas résoudre cela sans, être impopulaire. Il faut donc oser le faire  si non il faut qu’on dégage.

Une banale coupure d’eau ou d’électricité dans telle structure dite universitaire délocalise les auditoires dans les rues et curieusement le mode opératoire pour une meilleure réclamation est honteuse : Barrer la route, engager un jet des pierres à qui ne manifeste pas la solidarité, casser, détruire ! Il se pourrait que c’est le seul langage qu’on entend et qui bouge les lignes chez ceux qui dirigent la Cité. Aucune tolérance et il faut embarquer tout le monde. Même une ambulance, un  enfant, un vieillard personne n’a le droit à la libre circulation parce que messieurs  et dames les universitaires sont en auditoires dans la rue.  Ils volent, cassent et se fracassent. Quelle image a-t-on alors de ceux-là qui devraient demain diriger la Cité ? En quoi sont-ils différents de ces amis qui jonchent les rues au regard cadévique ? Nous  avons un problème et il est nôtre ! Il faut l’amener aux soins intensifs de notre conscience personnelle et collective avant qu’il ne soit trop tard.

Des petits messieurs s’envolent et débarquent chez nous. Ont-ils des papiers pour séjourner dans notre beau paradis très accueillant ? Dieu seul sait. On les  retrouve à tout faire. Ils vendent des bananes, des petits pains, des citrons, des matériaux de construction, des comprimés, des maïs sur les routes. Ils vont plus loin. Ils exploitent le sol et le sous sol, ils engagent des Congolais sans le  moindre contrat, bref ils sont chefs et dictent la loi. Nous sommes dans quel hémisphère à cette allure ? Ils recrutent des Congolais pour traquer  leurs propres citoyens. On ne les voit jamais dans une Eglise locale, dans un marché du coin ou même en solidarité avec la  population qu’ils rencontrent. Leur seul objectif gagner à vil prix et emporter tout chez eux. Ils  bâtissent leurs capitales en fabriquant leur bonheur devant l’étourderie de ceux qui doivent et peuvent mais ne font rien. Ils ont une seule arme : Identifier le chef corruptible et lui graisser la patte. Ils décrochent des vrais ou faux papiers et mangent le Pays. Personne ne refuse l’hospitalité ni même le respect des accords  bilatéraux  mais il y a une limite à tout. Nous sommes frappés collectivement d’une amnésie totale qui grille et anesthésie nos têtes à cause de cette volonté de vouloir sauver des petits  intérêts en bradant le Pays. Il faut une grande chirurgie totale pour extraire la pue à la racine. C’est nôtre problème et nous devons nous assumer. Personne ne reviendrait faire ce qu’on fait ici, ailleurs si non il trouverait sur son passage des muscles d’un Etat souverain et des citoyens éveillés qui barreraient la route à des telles impostures.

Il existait autrefois les marchés de Tubimbi, Bunyakiri, Kalehe, …Là on pouvait s’approvisionner en nourriture propre et favoriser l’exploitation de nos champs. Ces marchés ont carrément disparus au profit de ceux pirates ravis ou même confiés à des gens qu’on ne connait pas. Nous sommes devenus un grand marché de consommation de ce que nous ne produisons plus. On impose des prix et des échanges commerciaux qui profitent aux autres. La raison est simple. Nous surtaxons nos propres  produits pour favoriser des marchés étrangers à cause de la corruption et de l’irresponsabilité de ceux  qui doivent protéger nos frontières et notre pouvoir d’achat. La domination économique s’installe alors et un peuple qui ne consomment plus ce qu’il produit est simplement asservi  et esclave. Inutile de chercher la solution ailleurs ou de condamner quelqu’un. On produit jusqu’à des articles et aliments suicidaires comme des boissons fortement alcoolisées par notre pays avec la complicité des autres. Nous sommes abrutis à peu de frais. Le problème c’est nous et il faut se ressaisir avant que la cloche de la déportation et de l’asservissement totale ne sonne.

Il existait autre fois un cadre de concertation dans les villages, dans les quartiers et même  en ville. Des notables du coin pouvaient se réunir spontanément ou à la demande de leurs modérateurs pour examiner les questions brûlantes de l’heure ou même célébrer quelques moments de joie. La démocratie a amené une autre forme des notables dits honorables et excellences mais qui dans la plupart des cas se désolidarisent avec leur base. Ils ne viennent  que pour organiser un simulacre de vote en utilisant une pacotille humiliante jusque dans leurs propres villages et familles. Ce sont d’ailleurs les premiers bourreaux de leurs frères. Ils recyclent la misère et la fabrication des groupes armés qui écument leurs milieux et qui ne décollent jamais. Ces messieurs là sont un réel problème et il faut avoir le courage de se désolidariser d’eux. Autrefois nos villages étaient protégés et prospérés mais tout dégringole. Le problème c’est nous qui achetons auprès d’eux des promesses fallacieuses qui nous abrutissent.

O tempora !  O mores ! Nous sommes un laboratoire d’expérimentation de toutes les formules. Des apprentis sorciers viennent à notre secours. On vous apporte la paix avec la construction des mosquées, on vous suggère la cohabitation pacifique alors que d’autres s’implantent avec leurs fusils et leurs bétails, on vous propose des tables rondes, conférences, dialogues, concertations alors que d’autres consolident à tous les niveaux leur souveraineté nationale en solidifiant leurs pouvoirs régaliens !  Nous avons des gros diplômes décrochés dans la plupart des universités mais l’élitisme a bloqué la route aux initiatives collectives qui emballent tout le monde dans des projets communautaires. Qui nous a ensorcelés ? Le problème c’est nous, nous sommes le problème.

D’où est venue cette détermination à vouloir s’anéantir les uns les autres comme des crabes ? Il y a des conflits internes entre personnes travaillant ensemble et qui bloquent toute émergence.  Les chauffeurs entre eux, les enseignants, les médecins, les avocats, les politiciens. Tout cela est favorisé par la vente, vraie ou fausse, des produits toxiques à peu des frais. Des cliniques pour soigner le poison poussent un peu partout comme des champignons alors que la faim et l’insécurité se portent en bonne santé. Il y a un sérieux problème !

Entretemps une élite s’installe et s’accapare tout avec la bénédiction de ceux qui devraient protéger la Cité. Elle paye des terres, des rivières, des collines, et même contrôle petit à petit les pouvoirs régaliens. Demain on va hurler mais il sera trop tard et plusieurs deviendront locataires dans une Patrie qu’ils ont vendu par lâcheté et par  amour du gain facile. Il y a problème et l’on se demande qui nous ensorcelés ? Une fois encore, flash info,  invite le peuple congolais à savoir dire non à la médiocrité. Nous avons des jeunes, des personnes dites intellectuelles ; qu’ils s’assument.

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