NEEMA KAHUMBA: HERITER LES BIENS DE NOS PARENTS EST MON DROIT BIEN QUE JE SOIS FEMME

Je m’appelle Neema Kahumba, mobilisatrice de la Commission de Planification et Développement du Groupement d’Izege. Je suis orpheline âgée de 24 ans et l’ainée de ma famille. Avant le projet Tufaidike Wote dans notre groupement et particulièrement dans ma localité de Chiravanyi, les femmes étaient discriminées et ne pouvaient pas hériter des biens de nos parents, et dans la plupart de cas de discrimination étaient même soutenues par les autorités coutumières. Ces dernières agissaient, selon elles, suivant les normes de la coutume et pourtant, en contradiction avec les lois en vigueur en RDC en matière de la protection des droits de la femme. Cette situation avait fait à ce que l’on me refuse d’hériter les biens de mon défunt parent car je suis fille parce que dans notre famille il n’y avait pas des garçons chez nous, alors les gens voulaient que ça soit un garçon de chez l’oncle paternel qui hérite. On avait amené le dossier au niveau même de la chefferie et le mwami avait refusé que la femme hérite, tout en laissant le dossier en suspens.

Avec l’arrivé de Tufaidike Wote avec ses activités de promotion des droits humains, j’ai été élue comme délégué de ma localité dans la Commission de Planification et de Développement de notre groupement (CPDG), puis élue mobilisatrice dans le comité directeur. Grâce à des formations organisées en faveur des membres de CPDG, notamment sur la gouvernance en insistant sur les principes clés de bonne gouvernance telles que la rédévabilité, la transparence, la participation, la dénonciation, l’analyse genre, leadership féminin ; les chefs locaux ont commencé à prendre conscience du rôle de la femme. Pour ce faire, j’ai relancé le débat sur la problématique de mon héritage, et le secrétaire du groupement m’avait encouragé et étant le président du Comité de Paix (structure de résolution des conflits émis par le projet Tufaidike Wote dans le volet de Consolidation de la paix), il a intégré le dossier dans sa structure. Ils ont convoqué le chef de localité et les familiers de mon père pour leur dire que je doit hériter et c’est de mon droit, et comme la plupart d’entre eux font partie des Organisations à Base Communautaire du projet, tous avaient facilement compris et accepté que je puisse hériter les biens de notre père bien que je sois fille. Et même la chefferie aussi avait dit que si le dossier est décanté au niveau du village, il faut que j’hérite, et c’est depuis le mois d’août 2015 que je suis héritière. Pour moi, le projet Tufaidike Wote est : «MURHABAZI W’OKULI » (c’est-à-dire que le projet Tufaidike Wote est un vrai compagnon).

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