« Ne jugez pas de mon apparence physique, donnez-moi la chance aussi ! »

Il s’appelle Fidèle BAHATI, connu sous le nom de « Castro », père de famille de 10 enfants, âgé de 52 ans. C’est une personne vivant avec handicap, habitant du village Kashimbi dans le groupement de Lugendo, chefferie de Kabare dans le territoire de Kabare, province du Sud-Kivu. Quel que soit son handicap physique, il vit de la coupe et couture.

A l’arrivée du projet SPR et de la CDJP/Bukavu, il a été recruté comme formateur en coupe et couture.

Il partage ses impressions avec joie lors de sa rencontre avec Roseline KATUMBU, ce 30 septembre 2018 :

« Je suis formateur en coupe et couture depuis 30 ans, après avoir fini ma formation au centre Heri Kwetu en 1988. Avant cette formation, j’étais totalement exclu et je vivais sans aide ou appui. Les sœurs m’ont facilité à avoir ces connaissances pour que je puisse être économiquement indépendant et que je puisse accéder aux services sociaux de base, mais aussi me valoriser dans ma famille et ma communauté. Cela était une façon de m’aider étant physiquement handicapé.

Depuis lors, j’étais engagé comme formateur des filles au Foyer social de Birava centre/Paroisse de Birava par les mêmes sœurs. Cela permettrait non seulement de répondre aux besoins primaires de ma famille mais aussi étendre ma connaissance vers d’autres nécessiteux.

Au fil de temps, nous constations que le nombre des formées ne faisait que rabaissé car les apprenants avaient moins de confiance en moi (formateur), sous prétexte que j’ai ou j’aurai même du mal à les apprendre à pédaler compte tenu de mon état d’handicap (de mes deux pieds). Cela influença négativement, non seulement ma prestation mais surtout la fréquentation des apprenants et par conséquent mon salaire fut réduit et j’étais réorienté pour la maintenance des machines à coudre. Cette stratégie était prise pour ne pas me perdre et éviter aussi la fermeture brusque du foyer par manque des apprenants.

Avant l’arrivée du projet SPR et la CDJP/Bukavu, dans ma carrière, je n’avais que formé 10 apprenants (30 ans durant).

Après être informé sur un probable recrutement des formateurs en coupe et couture dans le cadre du projet ci-haut cité, j’avais soumis ma candidature avec hésitation ; tout en espérant à la volonté et bonté Divine. C’est avec une grande joie et soulagement immense que j’ai été appelé pour passer le test. Cela étant, je m’en doutais de mon état physique avec crainte d’être même renvoyé aussitôt me présenter.

Malgré cela, j’étais accueilli comme tout autre candidat retenu au test et j’étais resté impressionné de voir passé le test écrit dans les mêmes conditions avec les hommes et femmes physiquement ‘ordinaires’ et heureusement retenu parmi les 04 formateurs. C’était comme un rêve en pleine journée après tant d’année de cauchemar difficile à expliquer et faire comprendre à ma famille.

Avec l’auditoire de 25 filles-mères, vulnérables, personnes vivant avec handicap,… l’important pour moi est non seulement le salaire que je gagne chaque fin du mois mais surtout cette valorisation et intégration dans ma famille et ma communauté et l’appréciation de mon travail par ces bénéficiaires (je fais toutes les manœuvres d’apprentissage et je le fais faire). Cela me rend de plus en plus courageux.

Mon expérience et l’approche intégrationniste du projet SPR m’ont donné comme leçon qu’on ne doit jamais juger quelqu’un de son apparence physique mais lui donner aussi une chance de vouloir exploiter ces talents ! Que les dernières étincelles du projet SPR soient vues par mon arrière-petit-fils. »

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