L’inclôturabilité du parlementaire congolais : A qui êtes-vous redevable ? A votre autorité morale ou au souverain primaire ?

A qui est-il redevable notre élu et  au mon de qui prend –t-il la parole à l’hémicycle ? Quels intérêts représente-il réellement ?

Doit-on rentrer dans les rues pour se faire entendre alors que nous avons des ambassadeurs qui sont là pour canaliser les doléances de la base, assurer le contrôle de l’exécutif et légiférer pour le bien être du peuple d’abord….

C’est peut-être ici qu’on oublie   une notion importante.« L’inclôturabilité de nos parlementaires ».

Ils sont insaisissables, imprévisibles, « inclôturables »On dirait des élections libres. Il vote avant le débat et il connait la position  de l’autre avant même la prise de parole. La seule pièce justificative qui le motive, c’est la liste de présence signée et qu’on remet à qui de droit pour toute fin utile. Oui il est « inclôturable » notre élu. Il change d’adresse. Hier il habitait dans le territoire aujourd’hui pour raison de service, il est dans l’appartement, à l’hôtel. Il a abandonné les anciens succès pour s’abonner aux choses qui sont dans le « temps ». Il peut dire oui le matin et au soir non sans honte ni trouble au visage. Il est vraiment à l’aise dans l’ambiguïté. Où est  le souverain primaire dans tout ça ? Oh, il peut attendre la prochaine législature pour solliciter les voix de sa circonscription électorale  en remuant parfois les bas instincts de la division tribale, clanique…Le peuple  est coupable car il croit aux promesses au lieu de valider les résultats.

Par l’élection au suffrage universel, le peuple oint les députés qu’il élit aux fins de le représenter et pour exercer la souveraineté à son nom. Ces représentants élus par le peuple agissent à son nom et pour son compte.  L’article 5 de la Constitution du 18 février 2006 prévoit que… « La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. »

Par contre, l’élu peut-il se soumettre au dicta de sa circonscription électorale et aux pressions de ses partis et regroupements  politiques ? L’article 101 al4 dispose que : « tout mandat impératif est nul ».

D’une manière générale, un mandat impératif est un pouvoir délégué à une personne ou à une organisation désignée afin de mener une action prédéfinie et selon des modalités précises auxquelles elle ne peut déroger.  En politique, le mandat impératif désigne un mode de représentation dans lequel les élus ont l’obligation de respecter les directives de leurs électeurs sur la base desquelles ils ont été désignés, sous peine de révocation.  Le mandat impératif est lié à la notion de souveraineté populaire définie par Jean-Jacques Rousseau qui préconise la démocratie directe et l’utilisation du mandat impératif. Le mandat impératif s’oppose au mandat représentatif comme la souveraineté populaire s’oppose à la souveraineté nationale. Des députés élus sur un mandat impératif ne représentent que leurs électeurs et non pas l’ensemble de la nation. La plupart des démocraties actuelles rejettent donc le mandat impératif.

En RDC, le mandat impératif pour les députés nationaux comme provinciaux est interdit. Durant l’accomplissement de leurs actes parlementaires, ils jouissent d’une indépendance d’action et ne peut se soustraire à aucune pression politique ou populaire.

Le Covid est là. Jusqu’à quand ?  Dieu seul sait mais il faut faire avec en imaginant un mode de fonctionnement de nos institutions légalement établies malgré plusieurs contraintes. La ville de Bukavu est presque coupée de ses territoires. Les routes sont dans un état pitoyable. Avec la déforestation, l’écosystème  se détruit à vue d’œil et les éboulements  tuent partout. Entre temps certaines taxes sont perçues et seuls les honorables grognent pour réclamer leurs émoluments même si les hémicycles sont fermés. On arrose la ville et les villages des boissons fortement alcoolisées, les étrangers se pavanent ici exploitant nos ressources naturelles quand ils ne forcent  pas le passage avec leurs fusils, les services de base se délabrent…Le covid est-il responsable de toute cette catastrophe.

D’ailleurs on oublie qu’il existe d’autres Covid plus dangereux comme la faim, la prolifération des pharmacies sauvages, la corruption, le clientélisme, la non scolarisation de nos enfants, le non paiement des salaires décents aux agents de l’Etat. Au sujet de tout ceci, nos honorables sont globalement atones. Les seules motions de nos  honorables sont ordinairement  alimentaires ou  pour déloger quelques indésirables et quand on ose afficher une volonté de défendre les intérêts du peuple on hurle au tribalisme et au manque de loyauté à l’autorité morale.

Notre vœux  est de voir réellement 2021 être une renaissance pour nous tous. Que chacun fasse son travail et les vaches  seront bien gardées. Il faut barrer la route à ces autorités morales qui sont dans la capitale et qui téléguident les nominations de tel ou tel en province pour leur envoyer l’argent au détriment de la Province. Nos honorables doivent dénoncer ce brigandage. Ils doivent appuyer l’exécutif dans la recherche de l’effectivité de la rétrocession pour bouster le développement de nos ETD, ils doivent prévenir et  être proactifs dans leur démarche au lieu de courir sur les lieux de crime et de catastrophes  comme tout le monde.

Ils doivent concourir à la renaissance du peuple car on ne peut vouloir une chose et faire son contraire. On ne peut pas construire sur des places impropres et demain hurler devant les morts ou protéger les bandits et se lamenter du galoppement de l’insécurité……

On aller l’oublier l’hémicycle n’est pas  un parc d’attraction pour enfants dans lequel tout le monde est gentil. Il faut se battre démocratiquement et mériter les honneurs qui sont une réelle charge.

Dressons nos fronts pour 2021

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