Le « Serviteur de Dieu » Mgr Christophe Munzihirwa : 21 ans après !

Ce 29 octobre 2017, Mgr Munzihirwa réalisera 21 ans depuis qu’il a quitté cette terre des hommes. Il a mené jusqu’au bout le bon combat. Il avait une seule faute. Il osait parler haut et fort pour dénoncer les injustices et les projets belliqueux en cours qui endeuillaient toute la sous-région des Grands Lacs. Sa voix déchirait les oreilles des grands de ce monde et il devenait un témoin gênant. Il fallait l’éliminer. Comme Jésus, il fallait bien qu’un seul meurt à la place du peuple.  Ceux qui l’ont tué croyaient l’anéantir en lui infligeant une mort si atroce. Ils espéraient qu’en frappant le berger, tout le troupeau allait se disperser pour mieux l’éliminer et le dépiécer. Mais ceux- là qui l’ont abattu, l’ont-ils bouffé ?  L’ont-ils remplacé dans sa charge épiscopale ? Et encore moins ont-ils augmenté le reste de ses années aux leurs ?  Ils ont eu le malheur de verser le sang d’un vieux  prophète innocent qui heureusement ne se venge pas mais pardonne ses bourreaux.

Aucun coupable, aucun condamné, aucune enquête jusqu’à ce jour n’ont eu lieu pour déterminer les mobiles et les auteurs de ce crime odieux. Ceux qui pouvaient et devaient se sont tus à tous les niveaux mais surement leurs consciences en seront marquées pour toujours. Tant d’innocents comme lui furent fauchés à la même période et leur sang a surement  du prix aux yeux du Seigneur. Certaines familles n’ont jamais levé le deuil attendant que quelqu’un leur explique un jour  le pourquoi de ce qui s’est passé ?

Mais Christophe Munzihirwa, notre « gardien, notre Muhudumu», n’est pas mort. Il est vivant au milieu de ses brebis et de ses compatriotes. Sa vie  continue d’interpeller nos consciences anesthésiées par la corruption, la haine, la peur et la recherche d’intérêts égoïstes. Son regard fixe chacun de nous, nous invite à un engagement concret et nous appelle à faire plus et mieux, à voir autrement ce mode merveilleux que nos choix politiques hasardeux et nos multiples trahisons ont défiguré. Sa simplicité est un évangile vivant et gravé au fond de nos cœurs. Oui la grandeur d’un homme n’est pas dans son paraitre ou son avoir mais  dans son être intimement lié à son Dieu, aux autres et à tout le cosmos. Sa lucidité est une boussole pour les jeunes qui végètent manquant des vrais repères, errant ici et là comme des brebis sans berger.

Comme un miroir dans lequel on se mire chaque matin, cet homme de Dieu et fils de son peuple, au-delà de l’admiration qu’il inspire, nous pousse au courage face au mal pour transformer la face de la terre, de l’Afrique et de notre pays. 21 ans après, nous sommes fiers de célébrer ce « serviteur de Dieu », et  comblés d’avoir croisé ou entendu parler ce prophète, finalement ce « morceau du ciel » tombé sur la terre.  21 ans après, la paix reste un rêve.  Bunyakiri, Mulamba, Kamanyola, Fizi, Uvira, Panzi etc.  les gens comptent encore leurs cadavres.  On dirait que même le diable est devenu fou.

A qui profitent ces insécurités entretenues par procuration malheureusement par les populations locales ?  A qui profite une Province en deuil ?  Munzihirwa du haut du Ciel où tu te trouves, intercède pour nous et rien ne pourra nous séparer de l’amour de ton Père, notre Père.

Avec lui, apprenons à rester vigilants et solidaires dans les épreuves, à haïr la médiocrité et à globaliser la réconciliation,  à aimer Jésus et à interpeller courageusement les dirigeants  de ce monde pour qu’ils travaillent réellement pour leurs peuples. C’est là l’une des meilleures façons de faire mémoire de ce héros que la terre du Bushi est fière d’avoir engendré pour le Congo et l’Afrique entière.

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