La peine à rattraper le processus électoral après avoir dilapidé du temps précieux dans la contestation !

Petit à petit le train des élections se rapproche du port d’accostage. Le 23 décembre 2018, une date que certains estimaient très lointaine s’approche de nous à grands pas. Certes, le chemin était jonché de trop d’embuches, et il en reste encore certainement, mais le peuple congolais espère voir bientôt le bout du tunnel. Pour y parvenir il a fallu beaucoup de détermination et de sacrifice, les uns comprenant plus vite que les autres. Le dernier virage a été amorcé ce 22 novembre avec le lancement de la campagne électoral et le déploiement du matériel électoral. Comme qui dirait : « Ça commence à devenir plus concret ! ». Sauf catastrophe politique et mauvaise foi des amis des transitions, les élections auront lieu.

Et du coup, même les dubitatifs se sont enfin lancé dans la danse. Le peuple congolais qui a toujours réclamé la tenue de ces élections ne peut que s’en réjouir, car une plus large participation de tous les acteurs politiques rend le processus plus démocratique et plus crédible. Oui, mieux vaut tard que jamais. Le peuple souhaite voir tous les acteurs à bord du bateau lors de son accostage. Cette première passation du pouvoir en douceur doit être fêtée par toute la nation, quel que soit le camp des vainqueurs. En effet, le vrai vainqueur, ce sera le peuple. Que personne ne nous gâche la fête !

Il faut simplement regretter le temps perdu dans la contestation du processus que certains sont malheureusement obligés de rattraper à la hâte, presqu’en retard. Certains nostalgiques ont cru que les élections étaient impossible à organiser dans ce pays.  On a tellement construit tout le discours autour de la contestation que l’on a de la peine à trouver un langage cohérent qui participe positivement au débat démocratique. Cela explique en partie la timidité de la campagne en cours : très peu de discours, trop peu de messages idéologiques, par contre beaucoup de photos de campagne avec des illustres inconnus aux ambitions louches et au passé très douteux. En fait seule la députation paye ! On comprend l’engouement.   Il y en a tellement que pour trouver de la place pour s’afficher, certains doivent couvrir ou arracher celles des autres.

Sur ce point, il faut avouer que la jeune démocratie congolaise s’en sort écorchée car au lieu de construire les discours propagandistes sur des projets de société et des visions claires des problèmes et des solutions, plusieurs opérateurs politiques cristallisent vainement les débats sur la critique du bilan de ceux qui ont géré sans rien proposer de neuf. Certes, ce bilan mérite d’être évalué et critiqué. Ceux qui ont gouverné, géré les affaires de l’Etat, doivent assumer leur responsabilité ; mais cela ne suffit pas pour aider l’électeur à faire le meilleur choix. Sans diversité d’options, il n’y a pas de choix ; mais aussi lorsque les options sont trop variées, il n’y a pas de véritable choix. Ça risquera d’être comme à l’école où des élèves qui n’ont rien compris font quand même leur examen à choix multiple. Parfois le hasard fait qu’ils tombent sur le bon choix.

Il reste moins de deux semaines avant la fin de la campagne ; et il faut couvrir tout le territoire national dans les conditions que nous connaissons tous. Par quel miracle les candidats président de la République parcourront 25 provinces en 15 jours qui leur restent ? Certains électeurs sont donc condamnés à voter pour des candidats qu’ils n’auront même pas vu de visage ; et surtout dont ils n’auront pas entendu le discours, le projet de société. Et pourtant toute la période de sensibilisation et d’éducation électorales aurait dû servir à tout cela.

Dans tous les cas, nous espérons que la leçon servira pour le prochain cycle. La démocratie est une école éternelle. Bonne chance à tous, et que le meilleur gagne !

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