La monnaie, l’autorité morale, le repli tribal et identitaire : Une trilogie meurtrière de la démocratie.

Le 24 janvier 2019, devant la barbe du monde entier, la RDC a assisté, pour la première fois de son histoire, à la première passation pacifique du pouvoir. Vive l’alternance au sommet de l’Etat.

Le discours, le sourire, les accolades, la fête ont marqué cette journée dont les souvenirs resteront gravés dans la mémoire de tous les congolais et même de tous les africains. Alors que les vieux signent  et persistent avec des changements des constitutions pour se maintenir et mourir au pouvoir, notre pays a donné une belle leçon d’histoire. Nous en sommes fiers. 

Il fallait alors continuer la dance sans oublier le lendemain avec la continuation du processus électoral avec l’élection de tous les acteurs de proximité redevables au peuple à partir des députés provinciaux, nationaux, sénateurs, gouverneurs etc.  Le souverain primaire voulait le changement avec l’alternance car au-delà de chaque mandat la vie continue. On dirait un lit d’hôpital qu’on occupe et qu’on doit céder obligatoirement pour que d’autres s’en servent. Les hommes passent, les institutions restent, l’histoire continue …

Les nouveaux élus devraient alors incarner ce changement en choisissant les meilleurs pour rebâtir notre patrie sur la base de ce qui a été fait bien et buffer les mentions inutiles avec un bic rouge en sanctionnant les moins bons. Malheureusement  c’est là que   la monnaie, les différentes autorités morales, le repli  tribal et identitaire ferment les yeux, bouchent les oreilles et ouvrent grandement la bouche de ceux qui sont allés à l’hémicycle à cause des besoins du tube digestif. Encore un peu, ils pouvaient même élire un muet comme leur porte-parole ou même un aveugle comme leur secrétaire tout simplement parce qu’ils partagent les mêmes idiomes   traditionnels, prient dans la même église, fréquentent le marché, cultive sur la même colline ou parlent la même langue. Et quand le téléphone de l’autorité morale sonne, un néologisme fabriqué pour la cause, tout le monde est au garde à vous, prêt à nier et à renier ses convictions pour satisfaire les injonctions qui pleuvent de haut vers le bas. Et si cette macédoine est assaisonnée par quelques liasses de billets verts, alors là tout le monde tombe à genoux et trop bas.

Peut-être qu’on accuse  nos élus faussement mais il n’y a pas de fumée  sans feu et certaines équations sont difficiles à comprendre et à résoudre. Que les élus choisissent ceux-là que le souverain primaire a sanctionné à tort ou à raison fait tiquer plus d’un. Si on ne réussit pas à s’émanciper de cette trilogie, il est probable que toutes les décisions utiles et indispensables pour reconstruire la nation soient biaisées à cause des intérêts tribaux, claniques, religieux ou sociologiques. Le grand perdant, c’est le peuple. On devrait même revisiter la notion du parti politique quand on remarque que c’est une seule famille qui se transmet le pouvoir de père en  fils. Ceux-là qui militent pour de tels partis devraient être honnêtes et sévères pour exiger la méritocratie en fuyant la médiocrité sous toutes ses formes. C’est ridicule de voir tout un village, tout un territoire ou une province militer dans un parti politique si à la fin les dividendes sont partagées par une seule famille.

Il n’est pas tard de réactiver le tir  mais le temps vole et le train risque de nous abandonner sur les rails! On  dirait que nous sommes fiers d’occuper la dernière place dans tous les classements à l’échiquier mondial. Seuls nos élus de proximité peuvent  nous épargner l’opprobre en élisant correctement, en légiférant avec professionnalisme, en contrôlant sans complaisance et en restant solidaires avec le peuple.

Il n’est jamais tard pour lutter contre le tribalisme et les replis identitaires sous toutes leurs formes, notamment à travers l’éducation afin de promouvoir  l’unité nationale, la tolérance, les valeurs de la république et contribuer à la consolidation de la paix.

La configuration actuelle des institutions issues des scrutins du 30 décembre 2018 présage un état de statu quo quant aux désidératas des électeurs. Effectuer un choix judicieux entre candidats aux différents niveaux des élections requiert une perspicacité  sans pareille quand on vise le renouvellement de la classe politique pour bâtir le mieux être collectif.

Il faut donc plutôt promouvoir la trilogie compétence- valeur- vision. Parmi les candidats    députés à tous les niveaux, il y avait ceux qui tentaient l’expérience pour la première fois, et ceux qui revenaient pour la nième fois solliciter les votes des électeurs. Ceux qui ont été élus, méritent notre accompagnement pour un grand souci de redevabilité.

L’heure du travail a sonné, pour lutter contre les antivaleurs qui empêchent le pays de décoller.

La démocratie a essentiellement pour base la discussion, la palabre et le débat. Il s’agit d’apprendre à convaincre et non à vaincre, de gouverner par le dialogue, le débat la discussion, la tolérance, la transparence, le compromis, le consensus, le consentement.

La scène politique n’est pas un lieu de déchirement, de querelles fratricides ou de suspicion de chapelle nourrie de litanies interminables, des accusations réciproques et futiles.

La scène politique est un lieu où les haches de guerre politique visant des personnes et nos leurs politiques ou leurs idées sont déniées. C’est un lieu où sont oubliés tous les vilains sentiments de rancune, de haine, d’égoïsme, de tribalisme, pour impérativement faire éclore et cultiver la liberté dans le respect des personnes et des biens. La paix sociale la tolérance, la convivialité, le travail bienfait pour le développement du pays et l’esprit de la solidarité communautaire africaine pour réaliser le « bien commun ».    

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