La machine à voter est elle réellement le problème de l’opposition et l’assurance de l’emporter par les autres ?

On peut toujours que rêver ! La population congolaise observe avec étonnement le comportement de nos acteurs politiques. Regardent-ils l’horloge et le calendrier pour ne pas voir que le 23 décembre approche ?  La société civile, les partis politiques, les mouvements citoyens, certains acteurs de la Communauté Internationale avec leurs experts, et même la Conférence Episcopale Nationale du Congo, « CENCO », ont dit ce qu’ils pensaient de la machine à voter.

Existe-t-il,  sans démagogie, une autre alternative à celle-ci à quelques mois du jour « J » ? Peut-être que dans certaines chapelles, le scepticisme des uns avait  gagné les cœurs des plusieurs qui ne voyaient aucune chance à la tenue des élections.  Aussi surprenant que cela puisse paraître, certains  qui voulaient et réclamaient les élections  semblent maintenant opter pour une prolongation qui les arrangerait car n’ayant pas eu le temps de mobiliser leurs états majors ou de réunir les moyens ad hoc  mais le temps coule et sans pitié.  On ne peut plus se permettre de marcher sur place comme à l’école primaire. On l’obligation du résultat.

Disons la vérité au peuple car devant une multitude des candidats, en prévision des scrutins combinés du 23 décembre 2018 le risque de perdre est évident pour certains si les stratégies ne sont bien élaborées et conformes à la loi. Tenez bien pour l’élection présidentielle,  la CENI a retenu finalement  21 candidats  sur 25 inscrits. 21 candidats  qui se disputent un seul siège, le seul qui n’a pas des suppléants. Le siège présidentiel n’est pas un banc qui peut prendre autant des curieux. S’agissant de la députation nationale, sur  15.505 candidats enregistrés, 15.444 sont retenus à la députation nationale pour 500 sièges à pourvoir à l’Assemblée Nationale et sur 19.713 candidats enregistrés à la députation provinciale, 19.640  candidats  sont  retenus pour 780 sièges à pourvoir dans toutes les 26 assemblées provinciales de la RDC.  Il est clair que la bataille électorale ne sera pas facile devant une telle multitude des candidats dont certains n’ont même pas de vision ni des programmes de société convainquant.

Certains n’hésiteront pas à propager les vieux démons de la géopolitique, des clivages Est-Ouest, des pesanteurs tribales. Certains candidats nourrissent des ambitions démesurées car ils ne veulent pas mourir sans porter un seul jour de leur vie la casquette de Président ou d’Honorable. Nombreux sont les états majors des partis politiques qui somnolent apparemment car on ne sent pas qu’ils se préparent à former, à déployer des témoins pour suivre de près les étapes électorales : la CENI a commencé à afficher les listes provisoires des électeurs, on doit vérifier combien d’inscrits sont concernés par les votes, et sensibiliser la population à consulter ces listes pour voir s’il  n’y a pas des électeurs qui ont des cartes et qui ne figurent pas sur ces listes et canaliser leurs réclamations à la CENI qui doit afficher la liste définitive des électeurs d’ici le 24 octobre 2018 .

Les partis politiques doivent préparer leurs témoins, la société civile dans sa diversité doit aussi préparer les observateurs et cela doit être désormais inscrit à l’ordre du jour au lieu de toujours attendre les mots d’ordre des autorités morales comme si la démocratie était coincée dans leurs téléphones ou alors dans les injonctions à faire subir à la base.  Ces autorités morales doivent comprendre qu’il est temps de se mobiliser  pour préparer les dossiers des témoins pour l’observation électorale en vue de réduire les cas de tricheries, car avec ou sans machine à voter, les personnes mal intentionnées peuvent toujours faciliter la fraude électorale lorsqu’elles se retrouvent seuls à l’ouverture des bureaux de votes , à la compilation, affichage et transmissions des résultats…alors que toutes les opérations doivent se faire en présence des témoins et observateurs, et que l’absence des uns et des autres n’empêchera pas à la CENI de faire son travail.

Flash spécial s’étonne et observe avec amertume que certains candidats ont choisi seulement les réseaux sociaux pour se faire entendre alors que c’est la base qui doit être mobilisée et c’est dans les bureaux de vote que tout se passera et nous ne sommes qu’à deux mois des scrutins.  Certains ont même acquis cette expertise divinatoire consistant à prédire même ce qui se passera le jour des élections.

Les élections doivent avoir lieu le 23  décembre 2018, n’en déplaise à ceux qui aiment gérer le chaos sous toutes ses formes avec des formules connues : transition, tables rondes, conférence, dialogue, concertation,…alors que dans tout cela le peuple n’est pas mis en priorité comme souverain primaire, seul capable de choisir librement ses dirigeants.  Il n’y a que les intérêts de ceux ou celles qui se sont enrichis du trésor public et qui craignent de subir la faim, la soif et la pénurie financière car n’ayant pas de garantie de remporter honnêtement les élections.

Plusieurs de ceux ou celles qui ont été élus depuis 2006, d’autres en 2011,  savent que leur chance est vraiment réduite de briguer un autre mandat. Nombreux n’ont jamais foulé leurs pieds ne fût ce que lors d’une seule vacance parlementaire, d’autres n’ont jamais levé leur doit en faveur du peuple qu’ils sont sensés représenter à l’hémicycle, sauf pour voter leurs émoluments, sans oublier ceux qui n’ont que leurs fils ou épouses comme suppléants, ceux qui ont trempé dans les magouilles des groupes armés ou dans le détournement des deniers publics; franchement  auront-ils le courage, sans honte ni trouble au visage de battre campagne ?

Il existe une autre tendance apparemment convaincue que même sans contrat social avec la base, sans observateurs et témoins, sans campagne électorale digne de ce nom, le manque de consensus autour de l’usage de la machine à voter semble être leur dernier rempart alors que tous les candidats ont déjà déposé leurs candidatures. Il y en a qui s’imaginent que leurs noms et photos sont d’avance enregistrés dans cette machine seulement parce qu’ils appartiennent à tel ou tel groupement politique, tribale, ethnique et que même sans vote, le résultat en leur faveur est déjà connu. Des tels discours sont charriés dans les médias et réseaux sociaux et cela entraine découragement, démotivation. Plusieurs célébreront le deuil de leurs ambitions.

En outre, on oublie parfois que les mauvais dirigeants sont choisis par de bons citoyens qui refusent d’aller voter et de s’engager réellement dans l’alternance tant voulue par le peuple congolais. Ceux qui refuseraient d’aller voter joueraient quel jeu et au profit de qui ? Ceux qui exigent le report des élections, ont il le courage de dire au peuple pour qui ils roulent ou ont-ils une autre alternance démocratique? Personne ne nie les embûches et les difficultés mais nous n’avons plus le droit de bloquer ou de rater le train de la démocratie, seule voie pour bâtir un avenir meilleur pour notre nation. Mobilisons nous pour que ces  élections  tant attendues soient crédibles afin d’obtenir l’alternance pacifique le 23 décembre 2018 et de fêter le moment historique de la passation civilisée du pouvoir le 12 janvier 2019.

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