La CDJP Bukavu aide les femmes victimes de violences sexuelles

Au sud Kivu, l’Eglise catholique aide les femmes victimes de violence à se reconstruire en créant leur propre affaire, notamment dans l’exploitation agricole, le petit commerce et l’apprentissage.

Ces femmes, victimes de violences sexuelles dans les régions de Kabare et Walungu, au sud-Kivu, ont récemment présenté à Bukavu les résultats de leur travail pour montrer qu’elles ont su dépasser leur stigmatisation. L’initiative est soutenue par l’Eglise catholique, et notamment la Commission diocésaine justice et paix de l’archidiocèse de Bukavu qui a organisé une  journée porte ouverte transformée en foire sur fond d’une conférence-débat animée par des partenaires de la Commission diocésaine justice et paix (CDJP) et es femmes victimes de violences sexuelles qui exposent les produits de leur travail agricole ou des œuvres artisanales. « Je suis trop contente parce que l’argent que je gagne avec mes produits des champs me permet de faire étudier mes enfants et améliorer la situation de mon ménage. C’est une vrai résurrection pour nous car on ne nous pointe plus du doigt. La communauté reconnait maintenant notre bravoure et nous respecte. J’appelle les autres victimes à s’associer à notre groupe de Mama Debout pour une lutte ensemble » se rejouit Françoise, qui a été victime de violences sexuelles.

« L’Eglise a toujours été du côté des opprimés. Cette journée porte ouverte était faite pour montrer à la face du monde qu’une femme, même si elle a subi des violences, est capable de transformer la société si on l’accompagne. Des femmes qui au départ étaient traumatisées et rejetées par la population. Les unes se sont spécialisées dans l’agriculture. Elles ont amené des produits de champs. Il y a une centaine de kilos de pomme de terre, mille kilos de haricots. Le gouvernement doit devoir aussi soutenir ces femmes, en leur donnant la sécurité et de bonnes routes de dessertes agricoles » explique Maitre Nene Bintu, responsable du département des droits humains au sein de la CDJP.

Pascasie de Katana fait partie des femmes qui ont été abusées il y a plus de cinq ans. Elle s’efforce désormais comme les autres à regarder l’avenir avec optimisme. « On se cachait, honteuse du tort que les violeurs nous ont causé dans la société. Certaines de nous vivent même avec des enfants issus de ces actes ignobles. Mais dans notre solitude, Dieu nous a envoyé la CDJP. Ils nous ont soigné, sauvé et redonné confiance. L’appui qu’ils nous ont donné nous a permis de faire de l’élevage, d’améliorer et intensifier en groupe notre agriculture. Et voilà, on est solidaire. Je suis fier et contente parce que mes enfants aussi étudient. Aujourd’hui par exemple, nous sommes honorés ici. Des gens importants de la ville sont parmi nous et achètent nos cultures. Vraiment, je ne me sens plus comme une moins que rien. »

Un projet de société 

Selon Arsene Lumpali, assistant du directeur de la CDJP, depuis quatre ans, plus de 360 femmes victimes de violences sexuelles ont été soutenues dans un projet de réinsertion économique afin de les rendre autonomes. « Les assistants psychosociaux pour accompagner les victimes de violences sexuelles ont identifié 365 cas qui sont suivis de manière holistique : donc il y a une prise en charge concernant le soins de santé, concernant la sortie du traumatisme. Il y a aussi la question de l’assistance légale parce qu’elles doivent faire valoir leurs droits et leur dignité violés sur la base des crimes qu’elles ont subi. On appui même les activités génératrices de revenus de sorte qu’on accroit leur pouvoir d’action. Un pouvoir qui finit par les imposer au niveau de la communauté et valoriser ce qu’elles peuvent offrir en termes de services. Et cela fait finalement diminuer les préjugées et les stéréotypes. »

Une forte mobilisation

Le chercheur Benjamin Bisimwa encourage pour sa part la solidarité de cette initiative. « L’ambiance est bon enfant. C’est une autre facette de l’Afrique qui est présentée, celle de la solidarité. Cette femme qui était stigmatisée se rend compte que c’est elle qui décide enfin. »  

Cet article a été publié par Mude El Dorado sur le site de DW (Deutsche Welle).

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