« Ils n’ont que les médias, les réseaux sociaux les radio comme base électorale …»

Voilà un constat amer lancé en pleine figure aux journalistes venus nombreux pour plusieurs motivations et quelques acteurs de la société civile écouter la délégation de la Ceni  Nationale à Bukavu ce 30 juillet 2018.

Décembre 2018 approche ! A lieu de mobiliser les états généraux, au lieu d’aligner les observateurs à tous les niveaux du scrutin, au lieu de proposer des candidats qui peuvent être éligibles sans nécessairement distribuer des pacotilles aux gens, bref au lieu de mobiliser tout le monde, certains acteurs politiques et d’autres qui se disent à défaut indépendants papillonnent  des radios en radios pour publier leur doute sur la tenue du scrutin de 2018, sur les intentions bonnes ou mauvaises de tel ou tel de respecter la Constitution…On dirait que ceux ou celles qui voulaient les élections, l’alternance, le changement , le rajeunissement de la classe politique veulent jouer à la prolongation en s’accrochant à certains médias internationaux qui ne sont pas toujours les mieux informés ou encore aux médias  qui distillent des rêves, des frustrations, des échecs personnels ou des règlements de compte qu’ils veulent faire avaler aux gens. On a perdu du temps en personnalisant le débat au lieu de voir loin…Peut-être que certains croyaient que décembre 2018 n’arriverait pas ou alors sont nostalgiques des transitions, des tables rondes, des conférences,…

Allez aux élections signifie se mobiliser, ouvrir l’œil et le bon, mettre en place  les mécanismes de suivi, de contrôle à tous les niveaux pour éviter et démasquer les tricheurs au lieu de passer des années à aligner des préalables pour avancer. On dirait une maman qui veut un bébé mais qui refuse la grossesse tant qu’elle ne connaitra pas la couleur des yeux de son nouveau-né.

Il est parfois décevant de trouver en fait des partis politiques qui, à la dernière minute, doivent ramasser des candidats sur la route pour garnir leurs listes ou même ceux qui recrutent par email ou whatshapp des illustres inconnus dans leurs circonscriptions, qui parlent à peine la langue du milieu ou qui ignorent les joies et les peines de ceux ou celles dont ils veulent être des porte–parole. Ils se fabriquent des t-shirt, participent à tous les deuilles,  bienfaiteurs des instruments musicaux,  des boutures de manioc et des vareuses; chargent comme des marchandises des paisibles « gondwanais » dans des camions pour se pavaner en ville au prix de mille franc. Ils manipulent deux ou trois motards pour un cortège, organisent deux ou trois conférences avec neveux et nièces et prétendent être élus de tout un peuple…Ils n’existent que dans les radios et sur les médias sociaux qu’ils envahissent même sans invitation, malheureusement pas pour parler du projet de société mais pour distiller des paroles haineuses…Ils réclament l’alternance au sommet du pouvoir mais eux-mêmes s’accrochent et refusent toute idée d’organiser des primaires dans leurs composantes ou partis politiques.  Chez eux le pouvoir se transmet de père en fils, de colline à colline. Au  matin, membres de la société civile, à midi à gauche, au soir à droite et probablement tiraillés dans les rêves, ils se réveillent le matin indignés. Et d’autres encore, plus nombreux, sont finalement sans casquettes réelles… Hier catholiques, aujourd’hui protestants, demain peut-être pasteurs, ils se promènent dans toutes les églises pour galvaniser  la masse et peut-être pour s’attirer, sans calculer le risque, les bénédictions divines. Quel spectacle !

En plein air on s’affiche opposants au micro et le soir comme Nicodème on prend le profil bas à la recherche « de quelques unités » au mépris de sa propre personne et honneur.

Les réseaux sociaux sont incontournables pour vendre ses idées mais en faire sa seule base électorale est un risque gros, surtout quand on refuse d’écouter les gens, de bâtir ensemble une vision, d’élaborer des stratégies pour  améliorer le social, bâtir la nation avant de se remplir les poches; quand on refuse de voir la réalité en face en se constituant capitaine d’un bateau sans passagers voué à la noyade devant la première vague…

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