« Génération Android » : « Oshenye ezi Wagala » !

Le temps coule et nous avec. Un peu avant ou peu après, chacun doit rendre compte. Il y a des fortes mutations sociologiques qui apportent du bonheur et d’autres qui endeuillent des villages et des familles entières, rabougrissent les consciences  et détruisent les cerveaux. Probablement que très peu étaient préparés à vivre, à digérer ces mutations et à affronter toutes ces nouvelles réalités qu’elles nous apportent. Vive « Android! »

Tout le monde abandonne les villages pour aller s’installer en ville sous- prétexte que là, la vie est plus facile et sécurisée. Mais ces villes africaines étaient construites pour une densité de la population qui aujourd’hui a, certainement, triplée et qui croît chaque jour. Il faut repenser les services de base mais surtout adapter le train de vie aux réalités présentes sans copier-coller des modèles que la nouvelle éthique mondiales nous impose.

Voilà pourquoi, sans réelle et mature réflexion, nous serons soit avalés soit effacés par ce que nous nous appelons, malgré nous,  fils et filles de la génération « Android ». Avec la facilitée des réseaux sociaux qui charrient beaucoup d’informations parfois utiles ou, franchement, souvent nuisibles, les gens oscillent dans tous les sens. Les jeunes filles et garçons, surtout,se retrouvent sans discernement et avalent tout ce qui tombe et qui se passe ailleurs sous prétexte qu’il faut être dans le temps.  O temps, o mœurs !

On coupe ses beaux et doux cheveux pour se couvrir des chevelures importées fabriquées on ne sait à base de quoi et comment. Du coup on traine delongues cordes et pendant de longs jours sur des têtes qu’on ne pourra plus laver que seulement longtemps après. On s’habille presque en extraterrestre parce qu’une star d’un coin de notre planète a décidé de créer une mode ! On abandonne des idiomes traditionnels de nos villes et villages et on perd complètement son identité. Et avec les téléphones, le décor est planté et le choix est limité surtout chez les jeunes. Ceux-ci constituent une foule immense qui vit du moindre effort. On les voit qui cherchent à vivre au-dessus de leurs marges et sans aucun sacrifice. Ils n’aiment pas le travail et passent des journées entières à boire et à manger ce qu’ils n’ont pas produit.Ils s’affichent avec un train de vie au-delà de leurs capacités, exigeant tout et tout de suite. Il y en a qui  sontprêts à sacrifier des avoirs familiaux y compris même leurs parents, qui les ont accumulés à la sueur de leurs fronts,  pour se taper des vacances au goût amer ou pour se faire remarquer par le monde. Voilà des éternelles enfants qui ont mal copié et imité le système. Ils croient que la vie est facile et qu’il suffit seulement de faire glisser le clavier,  de parier en ligne pour gagner trop facilement leur vie. Certains sont presque même émasculés pour satisfaire telle ou telle autre tendance à la mode.  On ne s’étonne, parfois, pas que les cadavres de ces enfants se ramassent dans les rues, les rivières, les boites de nuit tout simplement parce qu’ils ont voulu copier un modèle qui n’est pas le leur.

«Bashenye ezi bagala» c’est-à-dire qu’ils ramassant les bois qu’ils peuvent réussir à porter, qu’ils calculent bien le coup d’opportunités et le degré du risque qu’ils prennent à chaque moindre choix qu’ils opèrent !

Génération Androïde,qui t’a ensorcelée ? A peine, ils naissent, certains d’entre eux sont adultes pour partir. Ils ont brulés les étapes en « mangeant le temps » avant le temps.Ils ne savent plus d’où ils viennent et où  vont-ils tout simplement et leur foi tourne au cauchemar ! Sois attentive,  aux signes de temps, chère génération androïde,  pour éviter d’être jetée et exclue du rythme normal de la vie car à force de copier-coller, on grandit sans repères et sans boussole ; on devient la risée de tout le monde et on hypothèque son avenir, son travail, sa famille ; on passe le temps à fumer, à danser, à chanter comme si la vie était tout simplement une recréation sans vision.

Mais est-ce leur faute ? Pas toujours ! A peine nés, ils sont confiés dès leur jeune âge aux « batuyakazi » ; ces personnes non autrement identifiés qui viennent travailler en ville jusqu’à 16h par jour. Ces enfants ont grandis en sachant que travailler est une punition, une corvée réservée aux « batuyakazi »C’est à peine qu’ils acceptent de rincer eux-mêmes leurs dents  tellement installés dans la paresse. Au moindre pleur, tout est là, tout le monde accourt et tout de suite. Voilà le péché originel de leur orgueil et leur goût à la vie facile.

Et certains parents jouent à cela dans les villes africaines. Certains croient même qu’en envoyant les enfants étudier à l’étrangers, ils deviennent nécessairement et automatiquement plus doués. Certains y gagnent mais d’autres se considèrent comme des fils héritiers qui n’ont qu’un seul devoir de jouir insolemment des biens qu’ils accumulent mal mais pour lesquels leurs parents ont sacrifié toute leur vie. Laisser faire est une erreur dont nous sommes tous responsables !

Autrefois les parents prodiguaient des conseils à leurs enfants, actuellement ils ont peur d’eux et se dérobent à leurs propres missions.Ils sont eux –même parfois  complices d’une éducation très déficitaire des leurs enfants. Que dire d’une maman qui paye maison, champs, véhicule et les placent au nom de son fils ou de sa fille sans en informer même le mari ? L’enfant croit que sa mère qui lui gave des choses chaque jour est son meilleur allié et le pauvre papa, ridicule,  doit laisser faire pour garantir sa survie. Et même certains papas incapables d’autorité parentale responsable, se réfugient dans l’alcool, refusent le dialogue à leurs enfants et les privent de la tendresse paternelle dont ils ont besoin. Les pauvres, ils sont abandonnés à leurs jouets et aux jeux vidéo à longueur des journées. Dieu seul sait ce qu’ils en tirent comme enseignement. Autre fois quand un parent voulait garder un bien précieux, il le confiait à son enfant. Qui prendrait ce risque aujourd’hui ? Qu’un billet de cent franc  tombe par terre, on était certainde le retrouver même après une semaine. On n’avait pas besoin de fermer toutes les portes et les armoires mais aujourd’hui les parents ferment le tout systématiquement. Oui, parce que les enfants fouillent partout à la recherche du dernier centimenon pas pour payer un livre ou payer la dime à l’Eglise mais pour aller sur les réseaux sociaux. Ils sacrifient tout au besoin du tube digestif, bref dans les vibrations inférieures de la vie. Ils sont rivés à la télévision et à leurs téléphones portables consommant des programmes destructeurs avec la bénédiction de leurs parents. Il y a un réel problème sociétal et si on ne prend pas garde on risque d’abandonner dans la rue des têtes inachevées. Autrefois les enfants avaient  comme noms : Cubaka, Munyerenkana, Murhimalika, Cokola, Mulumeajirwa n’owabo, Muhimi, Nkulu ect. Aujourd’hui, on cherche les noms à l’internet et dans les réseaux sociaux sans référence ni aux valeurs traditionnelles positives ni à la réalité de la vie. Pourquoi alors s’étonner ou se scandaliser ?  Il est temps de se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard. Si non certaines familles seront effacées de la carte géographique ou sociologique de leurs milieux. Elles auront été  englouties par « Android » !

Nous sommes tous responsables et si rien n’est fait tout de suite, au tribunal de l’histoire nous auronshonte de nous mirer et peur de notre ombre !

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