Encore une victime des eaux de pluie : Catastrophe naturelle ou gestion irresponsable de l’environnement ? Plus jamais ça !


Madame FURAHA BALUNGWE Marie Antoinette, Avocate de profession, n’est plus ; emportée à bord de sa voiture par les eaux de la rivière KAHWA en débordement  après une pluie torrentielle qui s’est abattue sur la ville de Bukavu en début de la soirée du dimanche 08 Janvier 2017.

Que s’était-il passé réellement à la place de l’Indépendance? Selon les témoins  de cet événement trouvés sur place, le véhicule RV4 que conduisait la victime venait du coté de BAGIRA  sous la pluie en direction de la prison centrale (PAGECO), sa résidence. Lorsqu’elle entamait cette trajectoire, la route était déserte suite aux eaux de pluie qui envahissaient  terriblement  la chaussée. Arrivée en face de la Banque FINCA, elle  ne pouvait plus ni continuer ni faire demi-tour suite à la pression de l’eau qui augmentait  de plus en plus. Sous l’œil impuissant du public qui s’abritait de part et d’autre de la route, le véhicule ne faisait que klaxonner, les lampes de détresse allumées en priorité : une façon pour  la victime d’appeler au secours. Hélas ! Personne n’a osé prendre le risque. La foule impuissante face à la puissance indescriptible et irrésistible de l’eau alertait, téléphonait et filmait  le désastre.

L’infortunée a lutté pendant quelques minutes, tantôt   au volant, tantôt au téléphone avec son mari pour tenter de  se sauver. Finalement, malgré tous les efforts fournis par la victime, les eaux ont eu raison sur tout et la voiture a été entrainée dans un tourbillon d’eau  de  la rivière, engloutie  et emportée dans le lac. On apprend que le corps a été identifié à 20 m de profondeur dans le lac.

Cet événement a provoqué  amertume et colère. Plusieurs internautes revoient les images du drame comme un film fiction alors que c’est une histoire vraie, vécue et vérifiable. Quel désastre !

Au vu de cette unième catastrophe qui suscite la douleur  de plus d’une personne, il ya lieu de se  poser certaines questions :

  • Quel a été le rôle de la police qui a été bien alertée et qui a vécu le drame sur place impuissamment comme tout le monde ? Pendant toutes les minutes que la victime a passé entre la vie et la mort, n’y aurait-il vraiment pas moyen que la police intervienne  avec du matériel approprié ?  D’ailleurs est-elle formée pour de tels incidents ?
  • Jusques à quand allons-nous continuer à nous voiler les faces devant nos responsabilités et ne rien faire ou presque ?

Il ya de plus en plus des morts à Bukavu et par moment on ne  se limite qu’à  compter leur nombre, pourtant les sages disent qu’il vaut mieux prévenir que guérir.   Il est temps de tirer la leçon et de rappeler les responsabilités des uns et autres ; sinon notre ville qu’on appelait jadis la Suisse d’Afrique  porte déjà mal son nom. La mort de cette avocate et bien d’autres dans des circonstances  similaires et au même endroit pourrait interpeller la conscience de tout un chacun.

En premier lieu, la population de Bukavu est remise en cause et sa responsabilité engagée. N’avons- nous pas tous contribué, directement ou indirectement à travers nos comportements, nos agissements  inhumains et barbares,  à la mort de cette personne et de bien d’autres ?  Depuis plusieurs années, la rivière  KAHWA est transformée en dépotoir public où les déchets de toutes sortes (dégradables ou non : ordures ménagères, reste des produits comestibles, déchets industriels plastiques, épaves des véhicules abandonnés, cadavres d’animaux et bien  d’autres)  sont jetés par les habitants qui attendent que la pluie se charge de les évacuer vers le lac.

Ces déchets une fois entassés sur le lit de la rivière, empêchent aux eaux de pluie de bien ruisseler, d’où le bouchage des caniveaux et le débordement des eaux qui causent ainsi  des dégâts matériels et humains à leur passage suite à une forte charge qu’elles emportent.  Incapable de supporter toute la charge, KAHUWA, en cas de pluie, ne cesse de se venger du fait que l’homme la surcharge sans mésure.

Les autorités ne sont pas pour autant exonérées de leur responsabilité : elles savent bien que cette rivière constitue le collecteur principal de toutes les eaux dans la ville et devrait être aménagée  en conséquence. Mais elles ne l’ont pas fait.  Plutôt elles assistent au comportement ci-haut décrié avec une impunité très reprochable. Et pourtant, elles sont omniprésentes, ont tous les pouvoirs et ne pourront pas dire n’être pas au courant de ce qui se fait.

Combien de fois faudrait-il rappeler que les constructions anarchiques, la mauvaise gestion des déchets, le non réaménagement de la rivière KAHUWA et ses affluents, l’impunité et la léthargie des autorités face à ces actes inciviques constituent les vraies causes des dégâts matériels et humains que nous ne cessons d’enregistrer  aux alentours de cette rivière qui, en plus, ne cesse de polluer le lac Kivu et de détruire son écosystème?

Si nous n’y prenons garde, ce lac aussi risque de se venger  très farouchement les jours à venir  suite aux multiples déchets qui s’y entasse et s’y décomposent. Mélangés au gaz méthane, ils constituent une sérieuse et imminente  menace à la vie de nombreux riverains du lac.

Face à cette problématique, flash recommande aux autorités locales de bien jouer leurs rôles en matière de protection de  l’environnement :

  • Au service de l’urbanisme et Habitat de faire respecter scrupuleusement la législation sur l’urbanisme;
  • Aux autorités urbaines de fortifier les bords de la rivière Kahwa; de procéder à la démolition des maisons érigées sur des sites impropres; de procéder au reboisement  de tous ces sites impropres à la construction ; de définir et d’exécuter une bonne politique de gestion des déchets dans la ville ; de réaménager et agrandir les égouts sur toute l’étendue de la ville en général et particulièrement sur la rivière KAHWA ; d’installer les poubelles publiques dans tous les quartiers et de les vider régulièrement ; de former et d’équiper  convenablement la police pour bien intervenir en cas de catastrophe naturelle ;
  • Aux autorités nationales et provinciales d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens en milieux ruraux pour stopper l’hémorragie d’exode rural ; de matérialiser l’idée d’agrandir la ville de Bukavu pour son désengorgement  et de réhabiliter les voies de communication;
  • Aux autorités judiciaires de contribuer réellement à l’application des Lois et des mesures palliatives  prises par les autorités politico-administratives en punissant légalement les coupables.
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