Election des sénateurs et Gouverneurs au Sud-Kivu, Kinshasa va-t-il s’imposer ou le cri des électeurs sera-t-il entendu ?

Depuis le 29 octobre 2006, nous avons un En 2006, la Commission Diocésaine Justice et Paix avait publié un flash intitulé : « Les députés Provinciaux entre les directives de leurs partis et les pressions de leurs bases : un apprentissage difficile de la démocratie ». C’était au lendemain des élections directes et à la veille des élections indirectes. Les députés Provinciaux subissaient alors une pression énorme contraire à la Constitution de la RDC qui dispose à son alinéa 5 de l’article 101 que : « Tout mandat impératif est nul ».

Les résultats ressortis des urnes des Assemblées Provinciales, ont été décriés, partout, à la suite des pratiques généralisées de corruption, d’intimidation et de trafic d’influence.  Au Sud Kivu, des gouverneurs de Province se sont succédés à un rythme presqu’annuel par suite de plusieurs motivations connues uniquement de 36 députés provinciaux sans écouter ni rendre compte à leurs bases respectives.

Et après chaque élection, la fissure entre les élus et les électeurs s’agrandissait et devenait sans cesse plus profonde ; ce qui poussa la CDJP/Bukavu à lancer un nouveau programme « Notre parlement et Nous » avec un bulletin ad hoc de liaison parlementaire pour relever les défis et accompagner les élus dans l’apprentissage de leurs nouvelles fonctions afin d’éviter toute déconnexion avec leur base. Il faut avouer que pour la plusieurs le métier s’apprenait  au jour le jour, n’ayant d’ailleurs jamais vu ni vécu une telle institution. Ce programme parti de Bukavu a gagné progressivement tout le pays.

De son côté, le peuple a enduré malgré lui les lourdes conséquences d’une telle gouvernance parlementaire pendant plus de 13 ans ; mais il préparait sa revanche, ce qui explique le vote « sanction maximale » ressorti des urnes du 30 décembre 2018 : trois miraculeux seulement sur les 36 députés provinciaux sont revenus ; le peuple renvoyant 33 autres au chômage. C’est fort et bien évocateur.

C’est fort de cette expérience que « Notre parlement et Nous » revient à la charge pour rappeler aux nouveaux élus que leur travail est noble, qu’il exige beaucoup de discernement et de personnalité de la part des élus qui doivent néanmoins rester responsables et redevables face à leurs électeurs qui ont tant souffert de la mauvaise gestion de la chose publique. Ayant vécu la situation et ses conséquences néfastes, vous n’avez pas le droit de la reproduire. Vos électeurs ne vous le pardonneront jamais.

La Constitution de la RD Congo vous confie une très lourde charge de voter, au second degré, non seulement les sénateurs mais aussi les gouverneurs et vice- gouverneur : des fonctions extrêmement importantes pour l’amélioration de la gouvernance du pays. Dans l’exercice de ces prérogatives constitutionnelles, il est impérieux que vous gardiez sans cesse à l’esprit que le peuple congolais veut le changement et le veut radical. N’abusez donc pas du mandat et du pouvoir du souverain primaire au nom duquel vous êtes aujourd’hui honorables.

Au vu de l’importance des missions des sénateurs et des Gouverneurs de Province, plusieurs analystes de la politique de la RDC ont parfois proposé de changer des modes de leurs scrutins, de les faire voter au suffrage universel, ce qui augmenterait leur légitimité et leur manœuvre d’actions. Cela n’ayant pas été retenu dans la constitution, c’est entre vos mains que tout le peuple a confié le sort de la nation. En conséquence, plusieurs acteurs politiques pensent qu’au lieu de dépenser trop d’argent dans la campagne électorale d’une élection au suffrage universel direct, il suffit de concentrer ses moyens sur quelques députés et on arrive aisément à la tête de la Province ou au Sénat. Les fibres tribales, religieuses, idéologiques, sont autant d’atout complémentaires pour ces festins électoraux. La plupart des sénateurs comme des gouverneurs, sont souvent des candidats non élus au suffrage universel direct et véhiculent honnêtement une image néfaste à la démocratie.

Que faire à présent ? Il est temps de laisser notre jeune démocratie monter d’un cran. Le contexte de 2006 a fortement changé en 2018. Laissons les députés agir librement en âme et conscience et ils donneront à la province des sénateurs et des Gouverneurs véritablement utiles à la nation. Que tous ceux qui ont des noms à proposer (regroupements ou partis politiques, organisations de la société civile, etc) le fassent en toute transparence et indépendance et laissent les députés tranquilles. Et que le jour du vote, le peuple reste en éveil maximal pour protéger son vote et sa souveraineté.

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