Des cris étouffés ! Des larmes aux yeux ! Des questions indociles ! Mille raisons d’espérer encore : vos électeurs ont le regard braqué sur vous !

Plusieurs questions concernant surtout le social qui n’étaient pas vraiment la tasse de thé de vos illustres prédécesseurs ont été purement et simplement oubliées ou déclassées sans qu’ils ne se donnent la peine d’y rechercher la moindre solution. Et comme la nature est rebelle, elles reviennent chaque fois pour nous rappeler qu’elles sont toujours là. Si les enfants de la rue se comptent par centaines même dans nos territoires, si des familles sont disloquées, si des bandits pullulent dans les quartiers, si l’environnement se détériore chaque jour davantage et nous rend la vie impossible, c’est justement parce que ces questions ont été oubliées ou tout simplement classées sans suite.

On ne vous demande pas des miracles, ni de trouver des solutions à tout, mais au moins prenez le temps de discuter de nos préoccupations, aidez vos bases respectives à fixer leurs doléances à l’ordre du jour de vos sessions : faites bouger les lignes en légiférant correctement et en exerçant un contrôle parlementaire sans complaisance et avec un minimum d’honnêteté.

Voici, parmi tant d’autres, des matières soumises à vos prédécesseurs et qui attendent de faire objet de votre diligence :

  1. Les coopératives fermées sans explication! Est-ce un défi ou une moquerie pure et simple. La banque centrale est garante des épargnes des citoyens. N’était-elle pas au courant que ces coopératives étaient mal gérées? Qui a « mangé » la sueur des pauvres épargnants? Beaucoup avaient pris des emprunts, etc… Cette escroquerie des coopératives a multiplié des chômeurs, des bandits, des conflits et détruit des familles. Vos prédécesseurs se sont tus sur ce drame !  Doit-on en rester là ?
  2. La rétrocession. Le Gouvernement central continue – t- il à rétrocéder aux provinces leurs parts des recettes réalisées ? Pour certains, elle arrive toujours mais tardivement, à compte goûte et selon les bons grés des décideurs. Et pourtant la Constitution prévoit plutôt le mécanisme de retenue à la source. Et même le peu qui arrive en Province, personne ne sait si la part des ETD leur est effectivement allouée, ni à quoi elle est utilisée tant au niveau de la Province que des ETD. Est-il possible d’en savoir plus et de contrôler ce qu’elle réalise exactement ? Et dire que certains « chefs » se sont déplacés en ville pour « manger » calmement cette rétrocession alors que leurs administrés croupissent dans la misère et les structures à la base ne changent pas ! Aucun projet de développement ; même pas la paie des agents pendant que le trésor public- privé de certains chefs ne fait que se remplir !
  3. L’éducation et les soins de santé. On apprend que même certains pays voisins (moins riches que le nôtre) garantissent l’éducation primaire et la maternité gratuites. C’est une question d’honneur car faute d’un encadrement scolaire adéquat, on jette dans la rue des têtes inachevées, potentiels clients précoces de la morgue. Les parents condamnés à payer la scolarité pour leurs enfants ont un maigre revenu et ce sont eux qui doivent encore faire la rétrocession à l’Etat. Partout des petites pharmacies avec des produits périmés et des petites écoles privées qui vendent très chère l’ignorance. Autrefois, il existait « notre beau métier », aujourd’hui avec la prime, on prime les ignares. Et pourtant aux dires de notre Constitution, l’Enseignement primaire est obligatoire et gratuit !
  4. Du vocabulaire à éradiquer et à bannir dans notre société. « Massage », « Rhulye », « Sehemu yangu », Muyomeka », « donner des unités », « solola bien », « prime», etc. Ces mots cachent une réelle criminalité que certains tolèrent et veulent même institutionnaliser. Il faut supprimer ces pratiques qui se retrouvent surtout dans le chef des agents de l’Etat qui ne veulent rendre service sans masser leurs doigts, donner des unités, leur donner à manger alors qu’ils ont déjà des gros ventres ! On doit exiger un minimum de redevabilité et le respect du bien commun. Au nom de la dignité humaine, la destination universelle des biens est à affirmer car il n’est pas normal que certains meurent de faim et de soif quand d’autres se font soigner la constipation. Un minimum de transparence dans la gestion de la chose publique et la promotion de la bonne gouvernance à tous les niveaux. Ce n’est pas impossible ! Il faut commencer peut-être par soi- même!
  5. Autrefois, il existait le marché de Tubimbi, Bunyakiri, et Kalehe … Aujourd’hui un seul marché existe. Frontalier ou transfrontalier ? Là on vend tout : haricots, farine, feuilles de manioc, tomate, citrons, lait, petits pains… Que s’est-il donc passé ? Est-ce normal ?

Un litre d’eau produit localement coûte plus cher qu’un litre d’essence qui vient du moyen orient ! Une tomate localement produite est frappée de plusieurs taxes pour laisser libre champ aux produits qui viennent d’ailleurs. A qui profite cette criminalité, chers Honorables ?  Ainsi on mange mal et peu, on s’expose à des maladies tout simplement parce que certains messieurs bouffent des commissions ou laissent pourrir la situation à cause de petits intérêts. On doit retrouver l’orgueil de consommer local. On doit bannir la paresse et remettre tout le monde au travail car en rendant nos villages plus sécurisés, nos champs pourront produire pour nous- mêmes et pour les autres.  Ainsi tous ces petits délinquants occasionnels rentreront sur les chantiers du travail et toutes les vaches seront bien gardées.

Ceci n’est qu’un début. Au long de votre mandat, « Notre Parlement et Nous » vous approchera avec de nouvelles propositions. Ensemble, améliorons la gouvernance de notre Province et de notre chère patrie. On ne souhaite pas vous retrouver prochainement  sur la liste des candidats « Prix Nobel des promesses non tenues ».

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