Déodatte TENGENEZA: COSOPAX nous a rendu une seule famille dans la diversité!

Déodatte TENGENEZA, est une femme mariée âgée 55 ans, mère de 10 enfants vivante à Nyalukemba dans la commune d’Ibanda, ville de Bukavu avec une expérience de plus 30 ans dans les activités transfrontalière de petit commerce entre Cyangugu/Rwanda et la ville de Bukavu en RDC. Parfois, elle traverse pour Burundi à partir de la cité d’Uvira.

Bénéficiaire depuis  3 ans d’un programme transfrontalier sous-régional « Commerçante Solidaire pour la Paix dans la Sous-région des Grand-Lacs » (COSOPAX/SRGL), financé par Catholic Relief Service (CRS) et mise en œuvre par 03 commissions diocésaines (Commission Diocésaine Justice et Paix/Bukavu, Commission Diocésaine Justice et Paix/Cyangugu, Commission Diocésaine Justice et Paix/Uvira et Commission Diocésaine Justice et Paix/Bujumbura), nous livre le témoignage suivant :

« Avant ce projet, pour moi tout rwandais et burundais étaient mauvais, méchant et criminel.

J’allais au Rwanda pour mes activités commerciales mais j’avais peur et je n’avais pas confiance en eux  puisqu’on nous disait que les rwandais et les burundais  tuaient les gens et je l’avais gardé au fond de mon cœur.

 Maintenant avec les formations reçus sur la cohésion sociale et la gestion de conflits dont j’ai bénéficié, j’ai remarqué que l’image que j’avais à leur égard, ne correspondait pas à la réalité. »

Pour enrichir son argumentaire Mme Déodatte TENGENEZA illustre ses propos par quelques cas de malheur qui lui étaient survenus. L’assistance qu’elle a eue pendant ce jour difficile illustrent clairement les dividendes de la cohésion sociale et de la cohabitation pacifique.

« Un jour, les bandits m’ont volé de l’argent au Burundi, je suis allée trouver maman Pacy de Burundi, membre de COSOPAX. Je lui ai expliqué ce qui m’était arrivé et  elle a compati avec moi en cherchant une solution ensemble, car je n’avais plus même des frais pour le billet de retour. Avec son intervention et d’un autre papa burundais auxquels j’avais exposé mon problème, j’ai eu de l’argent et je suis rentrée chez moi à Bukavu en RDC.

En plus de cet exemple, nos camarades COSOPAX de Cyangugu participent aussi aux événements heureux et malheureux, que nous connaissons parfois. Dans le temps, c’était impossible. C’est le cas de Mesdames Béatrice AYINKAMIYE et FURAHA Julienne qui étaient venues se joindre à nous lors du mariage de ma fille en 2016. Elles ont apporté avec elles les contributions des autres collègues COSOPAX de Cyangugu. »

Sur le plan économique, malgré ma forte expérience et mon ancienneté dans le petit commerce, je ne savais pas enregistrer les charges, ni calculer les pertes ou les bénéfices. Je vivais toujours en conflit avec mon mari et les enfants car je ne savais pas tenir ma comptabilité. Je dépensais plus que mes revenus et j’arrivais même à consommer mon capital.

Avec la  formation sur les activités génératrices de revenus et sur l’entreprenariat reçu du projet, j’ai compris que mon mari et mes enfants avaient raison. Ainsi :  

  • Avec les gains tirés de la tenue de ma comptabilité, je suis parvenue à acheter des carreaux pour le pavement de ma maison ;
  • Je suis entrain de payer les frais scolaires pour une orpheline de père et dont sa mère est dépourvue des moyens ;
  • Je paye également les frais scolaires et académiques de mes enfants sans trop de difficultés aujourd’hui. Je subviens sans peine dans mon foyer.

Pour moi, le COSOPAX est devenue une seule famille dans les 3 pays et qui peut embraser toute la région suite à notre détermination, au soutien et à l’appui dans tous let toutes. »

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