Autonomisation de la femme : désengorger les femmes « twangeuses » dans les travaux des mines

En République Démocratique du Congo, les lois et les politiques contribuent à la discrimination et à l’exclusion des femmes des activités minières malgré que leur apport est précieux dans ce secteur et leur assure une part importante de revenus dans leurs ménages.

Selon l’étude conduite à Mulamba sur l’impact socio-économique des femmes dans les mines appuyée par SCIAF, les femmes ont une présence constante dans l’exploitation artisanale. 70% des femmes enquêtées travaillent dans les sites miniers tous les mois de l’année pour une période plus longue dans un même site minier que les hommes. Et témoignent gagner six fois plus dans le secteur minier artisanal que dans d’autres activités génératrices de revenus.

Cependant, les activités réalisées sont généralement réparties de façon inégale et varient selon le site minier. Les rôles réservés aux hommes (tel que le creusage) sont beaucoup plus payants que ceux accordés aux femmes (tel que le concassage). Lorsque qu’elles exécutent les mêmes rôles que les hommes (tel que le lavage), elles sont moins bien rémunérées.

En outre, bien que le potentiel de gain soit variable chez les hommes en fonction des différents rôles, les femmes ont tendance à gagner la même somme, quelle que soit leur fonction. Ainsi, elles sont exposées à plusieurs maladies et incidents.

La promotion et la protection des droits de la femme passe également par l’amélioration de la disponibilité des moyens de subsistances et le pouvoir économique des femmes.

En plus de les encadrer, améliorer leurs conditions de travail en leur dotant des outils ou matériels des mines et les regrouper dans les coopératives pour accroître leur productivité, nous leur encourageons également de promouvoir leurs capacités en micro business.

Dans le centre de Caminyagu, Maziba et Nyamwerwe dans le groupement de Mulamba, 120 femmes des mines sont encadrées. Pour Aimé MUTAYONGWA, superviseur, « ces femmes dites « twangeuses » savaient qu’à part les mines, elles ne peuvent rien faire et avaient toutes abandonnées d’autres activités comme l’agriculture, l’élevage, … qui payent après une période. Elles vivaient au taux du jour, sans épargne et en important tout ce qui est nécessaire pour leur survie. Après plusieurs sensibilisations, ces femmes ont accepté d’être réparties en groupes AVEC (Association Villageoise d’Epargne et de Crédit), formées sur l’entrepreneuriat, la résolution des conflits, …. Et ont bénéficié une chèvre chacune pour l’élevage en stabulation. Elles sont également informées sur l’utilisation des produits vétérinaires (Albendazole et l’acaricide dans le cadre de lutte contre les ectoparasites. Toutes les chèvres ont reçu un traitement curatif et préventif par le vétérinaire de l’inspection territoriale de l’agriculture permanant au centre de Nzibira accompagné par le président de la COMIDEA (Coopérative Minière des Exploitants Artisanaux). D’autres encore sont formées en coupe et couture, le tissage des paniers et la culture maraichère. Cela permet de diversifier les sources des revenus et renforcer leur empowerment. A travers ces activités génératrices des revenus, ces femmes vont abandonner progressivement le travail des mines et les amener à comprendre que les minerais sont des ressources épuisables. »

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