ASSEMBLEE GENERALE ELECTIVE DE LA SOCIETE CIVILE : les états major se rangent en ordre de bataille : entre efficacité, peaufinnnement des stratégies et manipulations identitaires ?

Le 28 Novembre prochain, les 14 composantes de la Société Civile ainsi que les noyaux communaux et territoriaux de toute la Province du Sud-Sud vont élire les membres leur nouveau bureau de Coordination et redonner à celui-ci un nouvel élan avec une gestion basée sur les résultats et l’efficacité au regard des enjeux actuels.

Qui sont les convives ? Dix délégués de 14 composantes, quatre provenant de chacun de huit territoires, deux issus de quatre villes et quatre de chacune de trois communes seront les représentants de la crème de la société civile de notre province. Ils  n’auront pas droit à l’erreur et inutile de gémir après car le peuple a les dirigeants qu’il s’est choisi lui-même.

Tout le monde se rappelle le dynamisme de la Société Civile du Sud-Kivu qui eut à se positionner devant les questions de l’heure et parfois le pire a été évité grâce au courage, à l’abnégation et à la détermination de ses vaillants membres. Certains ont été forcés à l’exil, d’autres ont perdu leurs biens, d’autres même forcés à vivre dans la clandestinité face aux ennemis visibles et invisibles qui  voulaient dépiécer, morceler, vendre à vil prix les intérêts du peuple à des politiciens véreux à la solde des voisins et des multinationaux qui se payent sur notre division, d’autres encore, ont perdu carrément leurs vies.

Autrefois, avant le déclanchement du processus démocratique, tout le monde était mobilisé dans la lutte face à un ennemi commun.  Il est peut être plus facile de se mobiliser contre quelqu’un mais combien plus difficile de mutualiser les énergies pour  bâtir ensemble. Aujourd’hui, avec l’élection des députés nationaux et  provinciaux, les appétits  voraces ont refait surface car tout le monde a compris qu’il fallait se positionner dans les postes politiques en ayant  ses pieds à terre dans les composantes de la société civile ou tout simplement en y briguant le poste sans oublier même les noyaux et les territoires. Un peu partout il y a un foisonnement des présidents de la société civile depuis le dernier village  jusqu’ à dans la dernière rue de la ville. Chacun a ses adeptes et  ses membres et il faut se frayer un chemin dans les réunions pour décrocher une invitation en vue d’améliorer sa visibilité.  Certains se croient investis d’un pouvoir divin et ne tarissent pas d’initiatives en s’immisçant même dans les matières qui ne sont pas de leur domaine : Un grand zèle doublé d’imprudence et d’incompétence. Les gens envahissent les médias et les réseaux sociaux en s’improvisant protecteurs de  tels intérêts ou communautés, en s’octroyant  à tort ou à raison le titre d’autorité morale, de notable,  de leader, de spécialiste. Oui certains politiciens actuels sont nés dans  la société civile  et ne veulent pas perdre cette matrice originelle qu’ils pensent  conserver pour eux ou pour les leurs. Pourtant, la société civile signifie également faire le bien. La question qu’il faut se poser est celle de savoir si tous  les acteurs visibles et invisibles veulent ou sont-ils prédisposés à faire le bien ?

Les délégués dans la prochaine assemblée de la Société civile doivent être clairvoyants, perpicaces, honnêtes et visionnaires. Doit-on introniser ceux ou celles –là qui ont contribué à fragiliser l’actuel bureau ? Ils sont  connus. Doit-on réveiller les anciens petits démons du tribalisme pour battre campagne pour ceux  dont les limites sont avérées  tout simplement parce qu’ils proviennent de tel territoire ou tribu ? Doit-on accepter encore les pillons et émissaires des politiciens nous infiltrer ? Le Sud-Kivu a déjà tourné cette page de la médiocrité. Doit-on soutenir ceux-là qui sont  les caisses de raisonnance ou des arrières gardes de politiciens qui se rangent déjà en ordre de bataille pour le rendez-vous de 2023 ? Doit-on continuer à moraliser les acteurs politiques avec de mémorandum des choses à faire et à éviter alors que nous n’avons pas le courage de balayer devant notre propre case ? La morale c’est bon pour les autres mais parfois le temps nous rattrape. La saison des agitateurs sociaux et des perturbateurs de l’ordre social est révolue. Ils croient qu’en agitant des informations parfois fausses ou en flattant certains responsables, ils peuvent avoir de quoi mettre sous la dent. Ils sont connus. Il est donc temps donc de revenir sur l’éthique des acteurs de la société civile et de veiller sur le renforcement de sa dépolitisation et de ses vrais acteurs.

Soyons  lucides ! Déléguons ceux-là qui à l’exemple de nos héros comme Christophe MUZIHIRWA et Emmanuel KATALIKO ont refusé de participer aux messes noires de la partition de notre pays et de  notre Province. Déléguons  ceux-là qui sont modèles dans la gestion de leurs composantes et de leurs noyaux et pas les éternels pions à la recherche des rendez-vous politiques qui le matin dans la rue et le soir attrapés devant les portes politiciennes demandant  un morceau de pain pour la survie. Nous connaissons ceux qui jouent « à la société civile, la politique du ventre ». Le bureau de la Coordination  ne devrait pas être rempli des illustres inconnus ou des stagiaires amateurs mais des hommes et des femmes aux qualités reconnues, sans agendas louches et sans casier judiciaire chargé. Ce n’est pas un dépôt des chômeurs qui croient que le bruit paye.

Il faut des hommes et des femmes qui n’acceptent pas toutes les compromissions pour sauver leurs intérêts et leurs composantes mais qui peuvent dialoguer, collaborer, coopérer  dans un franc agir et  parler avec tout le monde pour le bien de tous et celui de nation congolaise toute entière. Avant de faire porter un gros sac à un singe,  ayons le courage de regarder ses pieds pour ne pas aller au deuil d’une victime annoncée.

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