Accord cadre d’Addis: Rendez-vous historique ? Espoir ou un document comme les autres !

On oublie vite… Voilà notre péché originel et nos ennemis se régalent.

Du 24 Février 2013 au 24 Février 2021, il fait déjà huit années que l’accord-cadre sur la paix, la sécurité et la coopération pour la pacification de l’Est  de la RDC  était signé entre la RDC et les Etats de la Région. Les espoirs étaient permis et certains ont eu raison de rêver.

Une vision commune était affichée entre les Etats : S’attaquer aux causes profondes des violents conflits à répétition  dans l’Est de la RDC. A cette occasion,  les dirigeants de la région  et les délégués de la communauté internationale avaient affiché leur détermination afin de contribuer ensemble à l’instauration de la paix  dans la partie de la RDC, avec un regard particulier sur les graves crises humanitaires, l’instabilité et le sous-développement dans la région.

A quoi la RDC et ses voisins s’étaient-ils engagés ?

Pour la RDC la réforme du secteur de la sécurité (la police et l’armée), la consolidation de l’Etat de droit, le progrès en ce qui concerne la décentralisation, la  promotion du développement économique, l’expansion des infrastructures, la réforme institutionnelle et la promotion des objectifs de réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation étaient des virages obligés. Un agenda ambitieux qui devait hâter le développement mais hélas.

Quant aux Etats de la région la non ingérence dans les affaires intérieures des Etas voisins, le refus de fournir un soutien quelconque à des groupes armés voisins, le  respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats, le renforcement de la coopération régionale, le respect des préoccupations et les intérêts légitimes des Etats voisins étaient clairement affichés comme des engagements à la hauteur du sommet d’Addis.

11 pays de la région sont signataires (l’Afrique du Sud, l’Angola, le Burundi, l’Ouganda, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie et la Zambie). Mais cet accord peine à être mise en œuvre. Les résultats sont inquiétants. L’insécurité refait face dans la partie Est de la RDC à tel point que même des personnes commises au service de missions diplomatiques y périssent. Les crises persistantes au sein de la classe politique congolaise et entre certains pays signataires subsistent. Le peu d’efforts fourni a été réduit à l’échec malgré la création de plusieurs commissions conjointes parmi elles, celle de suivi des accords. Elles  sont justes budgétivores et ne semblent être là que pour nous endormir tous !

En plus de l’insécurité, les conflits tribaux nourris par des acteurs internes et externes s’aggravent et embrasent une province à l’autre. L’activisme de groupes armés locaux et étrangers s’accentue et met en péril les efforts déjà fournis en matière de paix et de sécurité  dans la région en général et dans l’Est de la RDC  en particulier.  Pendant que certains dirigeants de quelques Etats membres essaient d’évaluer les acquis de cet accord, d’autres sont préoccupés par le partage du pouvoir à travers des alliances, d’autres encore seraient toujours mus par des ambitions très belliqueuses et l’affut des ressources économiques.

 Les questions  et les objectifs que visaient l’accord-cadre restent-elles à l’ordre du jour au rendez-vous dans de grands salons politiques ? Les leaders politiques congolais eux-mêmes, s’en préoccupent-ils encore ? Le peuple souffre mais il doit arrêter de gémir et prendre une fois pour toute le taureau par les cornes !

Huit années d’existence de l’accord Cadre sur la paix, la sécurité et la coopération dans la région, le bilan est mitigé. Les échanges sur la situation  sécuritaire et la coopération entre les pays de la région sont teintés d’hypocrisie. Il ya encore très peu d’avancées. Les Etats membres s’acquittent à compte goûte de leur contribution. Plusieurs résolutions prises dans la vente et l’importation des minerais de la RDC, sont tombées dans les oubliettes.

On  peut finalement se demander à qui  profite le désordre et le non respect de l’accord d’Addis ? On passe de réunion en réunion, mais sur terrain le chaos refait à chaque fois qu’on pouvait rêver un avenir plus radieux. La terre fertile de l’Est, les belles forêts, le paysage touristique, les minerais sous-terre, l’abondance des eaux sont-elles source de bénédiction ou  motif de mort et de pillage. Est-il vraiment impossible de vivre chacun chez soi, visitant les voisins, respectant les règles et surtout le respect de la dignité humain ? Pourquoi régner sur les cadavres ? Il y a des générations entières qui sont nées sous les balles et qui risquent de mourir sous les bombes. L’Afrique est malade de ses hommes et si nous ne nous décidions pas à choisir la paix et le dialogue ceux qui nous envient nous vendront la mort en se moquant de nous.

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