60ème anniversaire de notre indépendance : confinement, méditation, discours, Fêtes ou Parades ? Revisitons le passé avec gratitude, vivons le présent avec passion mais dans le labeur regardons l’avenir avec espérance.

En regardant dans le rétroviseur nos 60 années d’indépendance, certains pourraient dire avec nostalgie ou le cœur tout gros que le verre est en moitié plein et d’autres qu’il est à moitié vide! Les générations qui ont conduit à la chute les empires coloniaux vieillissent et s’en vont ! Quelques rescapés sont fiers d’avoir tourné une page triste et sombre quand ils se rappellent tout le supplice, les tortures et les humiliations subies pendant des années.  Et c’est avec honneur qu’ils racontent l’histoire des batails gagnés dans leur pays.

Les puissances de tutelle ont colonisé, dominé par la force, la ruse et le droit international. Comme encore aujourd’hui, des accords secrets, politiques et économiques auraient  été conclus et ont scellé le triste sort de toute une nation !

Des colonis devenaient ainsi des espaces de non droit et corvéables à merci. On a imposé un ordre préfabriqué avec des hommes préfabriqués et des institutions préfabriquées à la volonté d’une métropole  qui a volé, tué, violé et détruit des vies humaines et l’histoire des peuples  sans honte ni trouble au visage. Nos amis venus nous coloniser n’étaient pas des gentils mais des représentants et des héritiers d’un ordre de mépris et de relation de vassalisation.

Mais tout n’a pas été triste rétorquent certaines personnes   qui reconnaissent aussi des œuvres établies et que les héritiers n’ont pas su pérenniser ou améliorer.

Crier au complot à longueur des journées ne nous dédouane pas de nos responsabilités car aussitôt l’indépendance acquise, plusieurs d’entre nous aujourd’hui ont été les plus grands communs multiplicateurs de notre malheur avec des trahisons et des compromissions coupables depuis l’assassinat de Patrice Lumumba.

Ils sont des tragiques comédiens qui au lieu de mener des véritables révolutions positives pour redorer le blason de notre patrie, ils se sont enrôlés dans des mouvements mafieux internes et externes qui sèment la mort et la désolation.

Nous devons nous assumer! Voilà pourquoi nous devons regarder le passé avec reconnaissance en saluant nos héros de l’indépendance. Ces hommes et femmes qui ont accepté de mourir pour que la patrie survive. Ils doivent être célébrés par des gestes de bravoure. Hélas, c’est dans le confinement et la méditation que nous sommes obligés de les célébrer. Les discours seront certainement prononcés! Mais ils en ont tellement suivi qu’ils souhaitent nous voir aujourd’hui plutôt sur le terrain de l’action. Cela passe par une véritable metanoia individuelle et collective pour mettre en avant d’abord et toujours les intérêts supérieurs de la nation avant nos ridicules priorités dictées par les besoins du tube digestif doublés par le tribalisme avec ses dérives.

Vivre alors le présent avec passion dans le labeur implique cette transformation de mentalité et de vision qui nous conduira à rêver la réalité d’un Congo où il fait réellement beau vivre!

60 ans après le Congo fait face à la terrible pandémie de Covid-19 qui tue mais l’on assiste à des ripostes improductives car les cas ne cessent d’augmenter et le peuple se méfie d’observer les mesures barrières. Entre temps l’état d’urgence se prolonge tous les 15 et fait aussi des victimes au tant que la Covid-19. Des pauvres enseignants sont chassés et humiliés incapables de payer les frais des loyers. Nos enfants s’abrutissent à la maison, des médecins et infirmiers sans protection infectés et exposés à la contamination. Ils n’ont pas vu leur prime de risque augmentée, des personnes du 3ème âge meurent sans assistance, des routes de desserte agricole n’inexistant pas et Covid-19 nous tue de faim. A cela s’ajoute l’instrumentalisation de la justice et de la jeunesse, l’insécurité grandissante, etc. Comment comprendre 60 ans après, le Congo malgré ses énormes potentialités vit avec 80% des pauvres et 20 % de riches essentiellement comptés parmi les dirigeants et les collabos (surtout opérateurs économiques)?

Il est temps de consolider la démocratie chèrement acquise en évitant de la fragiliser par des alliances ou des coalitions fragiles et diaboliques alimentées par l’égoïsme et de positionnement politique individuel. Il est temps de libérer notre justice car c’est elle qui élève une nation!

L’attentisme ne paye pas. Passer des journées à grogner et balancer des rêves et des messages mensongers sur les réseaux sociaux semble être une peine perdue. Se ressaisir en travaillant sur soi-même avant d’exiger à d’autres plus qu’on ne fait, s’engager à combattre les antivaleurs en soi et autour de soi, cultiver l’amour vrai de la patrie en balayant toute forme de traitrise, casser la spirale de la haine et du mépris en refusant de s’enrôler dans le clivage est-ouest, nord-sud, voilà le chemin qui reconstruira ce pays de Patrice Lumumba.

Nos dirigeants doivent prendre en priorité le développement du Congo et laisser de nous endormir avec des querelles irresponsables.

Ces combines politiciennes qui tuent la république doivent céder la place aux intérêts de la nation. Le Congo restera-t-il un et indivisible malgré l’occupation de plusieurs portions de son territoire comme c’est le cas du coté de notre frontière avec la Zambie, Kahemba avec l’Angola, haut Uélé avec les Mboboro du Sud Soudan, d’autres problèmes similaires au Nord et au Sud Kivu ? Les jeunes générations doivent imiter les modèles positifs, aimer le travail et refuser toutes les exclusions car le pays de Lumumba sera un et indivisible avec tous ses habitants.

Devant les intérêts de la Patrie à défendre ou à promouvoir, il n y’a pas de Nord ou de Sud, ni majorité ni opposition, ni tributs ni collines : il y a les congolais. C’est à cela qu’on nous reconnaitra comme peuple et nation si non tous les jaloux qui nous environnent, tous les prédateurs ne nous rateront pas à chaque tournant pour nous diviser et nous instrumentaliser pour mieux nous piller pour que nous devenions la risée de nos ennemis.

« Béni o Seigneur,

Béni notre patrie

Veuille sur elle et protège-la,

Protège-la toujours »

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