21 Septembre 2019 : Journée Internationale pour la Paix : « Action climatique, action pour la paix ». L’actualité de « Laudato si » !

Le 21 Septembre de chaque année, la Journée Internationale de la Paix est célébrée dans le monde entier. Et le thème choisi cette année tombe à point nommé : « action climatique, action pour la paix ».

Oui, on ne le dira jamais assez : les changements climatiques constituent les sérieuses menaces évidentes pour la paix et la sécurité internationale car « les catastrophes naturelles déplacent trois fois  plus de personnes que les conflits, forçant les milliers des gents à quitter leurs foyers et à rechercher la sécurité ailleurs. La salinisation de l’eau et des cultures met en danger la sécurité alimentaire et l’impact sur la santé publique s’accroit. Les tensions croissantes autour des ressources et des mouvements de populations massifs affectent tous les pays sur tous les continents ». Il est donc évident qu’on ne peut pas considérer en blocs ces caravanes humaines qui laissent leurs terres et leurs familles à la recherche du mieux être comme des aventuriers et des criminels. Les raisons sont multiples et les réseaux sont connus  mais  les changements climatiques sont aussi la cause de cet exode.

L’action climatique n’attend pas. Elle est l’affaire de nous tous. C’est l’un des réels combats urgent et légitime de notre génération ; on dirait même une course contre la montre vu l’impératif  de bâtir un monde en harmonie avec autrui et notre environnement. On sait ce qu’il faut faire : taxer la pollution et  non les personnes, cesser de subventionner les combustibles  fossiles ; cesser de construire de nouvelles centrales au charbon, se concentrer sur une économie verte et non grise, changer de mode de vie en bannissant la logique du « utilise et jette » qui engendre tant des désastres.

Au lieu d’affronter la réalité en face, on déplace le débat sur le registre de la croissance, de la productivité qui se moque le plus souvent de toutes les pratiques positives car on tient à produire malheureusement des choses dont l’homme n’a même pas besoin. Il y a une dangereuse industrie de la propagande qui force l’homme à consommer au-delà du nécessaire et cela dans tous les secteurs de la vie. Elle fabrique chaque matin des besoins dans une concurrence déloyale. Les conséquences sont devant nos yeux. Les cathédrales d’immondices surgissent dans toutes les villes, l’écosystème est déréglé et les réserves naturelles sont dévastées et même bradées à vil prix pour assouvir l’appétit inutile de plusieurs multinationales qui se moquent de toute morale et de toute règle. D’un côté, on ne veut pas la mort de l’économie globale mais  personne ne sera épargné à la longue  des catastrophes produites par une aventure sans éthique. De l’autre côté, on ne comprend même pas la pression que la base exerce sur leurs élus qui ne les jugent que selon les indices de croissances mais à quel prix ?

Dans ce même registre, on se rappellera que pour sa première encyclique écrit de sa main, le Pape François louait les beautés de la nature, de notre maison commune, de notre sœur  avec laquelle nous partageons notre existence : « loué sois-tu mon Seigneur pour créer notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe ». Aujourd’hui plus que jamais notre sœur souffle et gémit, la maison va très mal et nous avec.

Le pape François dans « Laudato si » a dénoncé haut et fort la culture du déchet, la déforestation, l’extinction des espèces avec la pollution de l’eau. Ce pouvoir de l’homme sur la nature produit les conséquences désastreuses sur le style de vie qu’il qualifie de « dévié » c‘est -à – dire en proie  au relativisme pratique qui fait qu’on ferme les yeux sur l’exploitation des enfants, la traite des êtres humains, la criminalité organisée, le narco-trafic, le commerce des animaux en voie d’extinction. Tout cela donne une « culture corrompue ».

L’humanité doit changer et prendre un nouveau virage. Le Pape François va jusqu’à parler d’ « une spiritualité de la sobriété », de la capacité à jouir de peu et du retour à la simplicité. On va dans ces sanctuaires du monde capitaliste que sont les super marchés ou l’on paye chaque jour des choses qu’on ne saura même pas consommer pour les jeter le même jour ou le lendemain après alors que des milliers d’hommes crèvent de faim et de soif.

Le Pape François frappe à la porte de nos consciences et surtout  celles de nos dirigeants qui définissent les règles de jeu. D’où  la mobilisation chorale de marcher à contre courant pour renouveler  la face de cette terre. Ceci est d’autant plus urgent pour les pays du sud en général et de notre province en particulier. On ne produit presque rien et on consomme tout par manque des moyens et d’une politique qui protège ses concitoyens. Les gens sont obligés à manger, boire, consommer moins cher avec toutes les conséquences sur la santé. Certains de nos pays sont comme des poubelles où l’on déverse tout ce qui est usagé ailleurs : habits, souliers, véhicules, nourriture, médicaments,…

Nos forêts vertes et nos eaux naturelles étaient encore hier une chance pour nous et pour toute l’humanité mais avec des perturbations climatiques voulues et même programmées tout devient pollué. Certaines espèces des oiseaux qui nous réveillaient avec leurs chants sont disparus, la végétation naturelle disparait à vue d’œil, les lacs et rivières deviennent des cimetières de tous les déchets. Certains quartiers dégagent des odeurs nauséabondes et les maladies  jadis inconnues ici déciment  sans pitié des milliers des gens sans couverture sanitaire. Partout on prépare avec la braise extraite à partir de la déforestation de nos parcs et réserves naturels. Le pire est que tout le monde s’habitue à ce drame et personne n’ose remuer le petit doigt se contentant de croire que cela changera pour nous sans nous.

Célébrer le 21 Septembre sous ce thème, devient une occasion en or de nous interpeller mutuellement avant que cela ne soit trop tard. Il faudra penser globalement mais  agir localement pour changer nos salles habitudes et adopter des comportements responsables pour protéger notre sœur la terre. Une forêt qui pousse ne fait pas de bruits mais bien un arbre qu’on abat. Et quand la nature se fâche, et les temps sont proches,’ il n’y aura pas des sanctuaires où certains iront se cacher avec leurs millions. Tout le monde sera touché sans pitié. Il faut donc éviter un suicide collectif et repenser notre mode de vie car les changements climatiques  provoquent un désordre global qui alimente les migrations et les guerres de trop. A qui serviront ces politiques qui exaltent la compétition pour la croissance si  celle-ci doit détruire notre maison commune et ses habitants ? On peut vivre mieux et bien avec peu au lieu de se faire du superflu qui tue et détruit.

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